Depuis quelques mois, l’ancien entraîneur du Club Africain de Tunis, passé également par l’Etoile du Sahel, Al Khor, la Tunisie, le Raja, Umm Samal et Al Gharrafa dirige la Renaissance de Berkane, pensionnaire de la Botola 1. Il fait le point sur les ambitions du club marocain.

« Bertrand, que faites-vous à la RSB, un club dont le standing n’est pas exactement celui du Raja, du WAC, du MAS ou des FAR ?

La Renaissance est un jeu club, c’est un peu le « Guingamp » marocain à mes yeux, Guingamp ayant été mon club comme vous le savez. La RSB, c’est un peu le club du président de la fédération, Fouzi Lekjaa. Ce dernier m’a fait savoir que Berkane cherchait un entraîneur d’expérience, j’ai accepté la mission.

 Quelle est-elle ?

Je suis à la fois entraîneur et manager général du club, et je supervise la formation. Comme vous le savez peut-être, le président Lekjaa souhaite que sous dix ans, le football marocain ait sensiblement progressé en matière de formation dans les clubs. A la RSB, un centre de formation doit être ouvert très prochainement, et le club bénéficie d’un stade tout neuf.

 Le club est-il capable de lutter avec les cadors du championnat ?

L’équipe est compétitive et devrait l’être encore plus prochainement. On a ainsi recruté l’attaquant français Roy Contout, ainsi que le numéro 9 du TP Mazembe, le Malien Cheibane Traoré. Globalement on dispose de très bons joueurs.

Bertrand Marchand

Bertrand Marchand

 Si l’on vous a bien suivi, la RSB pourrait servir de modèle aux autre clubs marocains…

Tout à fait, le président Lekjaa souhaite vraiment que le football marocain connaisse un nouvel essor, et il verrait d’un très bon œil que la RSB soit un peu un club pilote, une référence, dans le domaine de la formation. A cet effet, j’ai fait venir Yann Daniélou, qui opérera comme directeur technique. Sébastien Rochette, un préparateur physique passé par l’OM, doit aussi nous intégrer.

 A terme, l’idée serait donc de « produire » au Maroc les futurs cadres du championnat et de la sélection ?

Dans les dix années à venir, le Maroc doit être capable de former les talents du crû. Comme vous le savez, il y a beaucoup de joueurs d’origine marocaine ailleurs, en Belgique, aux Pays-Bas, en France, qui risquent de choisir de jouer pour un autre pays.

 Pour autant, les résultats ne seront pas immédiats…

J’estime que cela demandera au moins cinq ans avant de bénéficier des premières retombées dans les sélections. Il me paraît de toute façon bien compliqué pour le pays de s’inscrire durablement dans des compétitions internationales comme la Coupe du monde, s’il n’a pas effectué ce travail de base. Et puis, les clubs européens viendront recruter au Maroc. »

 @Samir FARASHA