Après avoir été Directeur Technique de la PSG Academy en Egypte, Sébastien Brevot-Choplin a rejoint il y a un an Beyrouth pour diriger et développer la même structure au Liban. Pour 2022mag.com, le titulaire de la licence UEFA A nous explique son rôle et les ambitions de la marque parisienne au pays du cèdre.

Le Liban n’est pas très visible sur la carte du football international. Comment avez vous atterri dans ce pays?
Sébastien Brevot-Choplin : Après avoir une expérience réussie en tant que directeur de l’ Academy en Egtype, j’ ai été sollicité par le PSG pour prendre la direction de cette école de foot. Je pilote le projet de création et d’ implantation à travers tout le Liban.

En quoi consiste concrètement votre rôle?
Pour cette première année, mon rôle à été de structurer le projet : recruter et mettre en place l’ équipe technique en choisissant des profils ayant de l’ expérience et qui soient capables d être opérationnels immédiatement. Je les accompagne, sur et en dehors du terrain, sur les différents sites pour diffuser la politique technique voulue par le PSG. Sur mon site, je fais de la formation interne et je développe et promeus l’ académie à travers les médias.

Sebastien Brevet-Choplin et un groupe de jeunes académiciens (photo PSG Academy)

Sebastien Brevet-Choplin et un groupe de jeunes académiciens (photo PSG Academy)

En s’implantant dans un si petit pays, quel est l’objectif recherché par le PSG ?
L’ objectif du PSG est de continuer à promouvoir la marque et de faire grandir la communauté de fans. De plus, il n’y a pas une concurrence très importante au Liban. Ce n’est pas le cas de l’ Egypte, de l’ Arabie Saoudite ou encore au Maroc. Par ailleurs, on connait les bonnes relations entre les deux pays. Ce n’est donc pas un hasard. Stratégiquement, d’ un point de vu commercial, le Liban répond présent au regard des effectifs qui ne cessent d’augmenter et des sites qui se multiplient dans le pays (10 actuellement) .Footballistiquement parlant, le projet d’ une coupe arabe entre toutes les académies du PSG est à l’ étude ainsi qu’ une coupe du Liban. Cela pourrait voir le jour dès la saison prochaine. Le pays du cèdre cadre donc parfaitement avec la stratégie de développement de Paris.

Pouvez vous nous dire quelle est la politique technique que le PSG souhaite mettre en place dans son académie libanaise ?
Notre académie s’adresse à tous les enfants âgés de 4 à 16 ans. D’ un point de vue technique, la politique est la même que pour les autres académies dans le monde. Le PSG pilote et je m’appuie sur un programme et une planification annuels d’entrainement. Nous mettons en place une certaine identité de jeu : possession de balle + pressing très haut. Nous transmettons l’adn du club avec sa méthodologie et sa pédagogie active. Sur le terrain cela consiste à rendre le joueur conscient de ses choix et à l’aider dans la compréhension du jeu. Nous avons deux orientations bien distinctes pour faire progresser tout le monde. Une destinée aux enfants de 4 à 16 ans qui démarre l’activité avec une pratique plus orientée loisir. Une autre plus basée sur des contenus que l’on peut retrouver au centre de formation Oreedoo de Saint Germain en Laye.L’objectif est d’en faire des joueurs aux aptitudes physiques et aux qualités techniques intéressantes pour espérer devenir un joueur professionnel.

Quel premier bilan pouvez vous tirer de la présence de la marque PSG au pays du Cèdre?
Je suis lucide et très satisfait du travail accompli pour cette première saison. Beaucoup de chemin a été parcouru entre le projet de départ et aujourd’hui. Nous avons 10 sites et 1200 joueurs. Cela dépasse nos attentes et nos prévisions. Dans un projet d’une telle envergure tout n’ est pas si simple. Cela nécessite des fondations solides qu’on met en place avec mon patron (Mr Elie Salameh), le staff et le PSG. Le projet a besoin de temps pour se pérenniser et continuer à grandir pour s’inscrire parmi les meilleures académies au monde.

Comment vous situeriez vous parmi la constellation d’académies du PSG dans le monde?
Avec 1200 joueurs enregistrés, le Liban rentre directement en troisième position en termes d’effectif. Après seulement une année d’ existence, on est derrière la France (3000) et le Brésil (2000).

Sebastien Brevot-Choplin

Sebastien Brevot-Choplin

Etes vous surpris d’être classé 3ème académie pour un si petit pays?

Surpris, oui et non. Par rapport à la taille du pays bien sur mais en ce qui concerne notre PSG Academy au Liban pas du tout. Il y a un chef d’entreprise avisé à la tête du projet avec des investisseurs importants, une équipe technique performante et expérimentée et plusieurs projets à venir. Tous les voyants sont au vert pour 2018 /2019.

Y a t-il une spécificité du football libanais par rapport à ses voisins?
Le football n’ est pas le sport national car c’est le basket. Mais pour avoir assisté au derby Njmeh contre Ansar, il y a une ferveur et une place importante dans le cœur des libanais pour le football. Il y a un énorme potentiel au Liban. Le joueur Libanais de l’ académie se caractérise par des prédispositions techniques et une intelligence dans son jeu. Le côté physique et mental passent au second plan.J’ ai été surpris de voir qu’il n’ y a pas trop de grands stades de football alors que les écoles bénéficient d’ installations de premier choix, avec de nombreux synthétiques, pour pratiquer le futsal.

Vous avez été précédemment en poste en Egypte. Avez vous noté des différences entre les deux pays (qualité des jeunes inscrits) ? Quelle est la spécificité footballistique de l’un et de l’autre?
Les enfants en Egypte comme Liban sont issus d’une classe sociale aisée . Tous parlent plusieurs langues. Contrairement au pays européens, la discipline et la rigueur pour ces deux pays restent les choses les plus difficiles à acquérir. Ensuite, si je devais faire une comparaison, je dirais que les Egyptiens sont des passionnés de football. Ils ont une morphologie et un volume athlétique importants. Ils possèdent également une bonne base technique et un sens tactique et de la culture du jeu.Chez les Libanais la technique de base est très intéressante (beaucoup joue au futsal en gymnase à l’ école). Ils ont une bonne culture du jeu et des transitions rapides dans le jeu.

Vous parliez de concurrence très importante en Egypte ou au Maroc par rapport au Liban. Pouvez vous expliquer en quoi en elle consiste?
L’Egypte et le Maroc sont parmi les premiers pays à avoir été « prospectés » par les grands clubs (FC Barcelone, Arsenal, Manchester, Milan, le Real….). Le Liban a été épargné pour le moment et seul autre grand club est présent sur le territoire. Le marché est grand et prometteur malgré la taille du pays.

Quelle est l’image du PSG auprès du peuple libanais et plus largement dans les pays limitrophes?
Au Liban comme dans les autres pays le PSG est un très grand club qui ne cesse de grandir et de s’ étendre à travers le monde. Il existe déjà un fan club de supporters qui multiplie les actions et évènements, en compagnie des joueurs de l’académie, lors des soirées de ligue des champions.

L’arrivée de Neymar a-t-elle poussé plus de jeunes à s’inscrire dans vos académies?
Bien sur ! Au Brésil surtout avec un pic des inscriptions cette année et une deuxième place au plan mondial avec ses 2000 joueurs. Pour le Liban, la popularité du Brésilien est très importante. Sa personnalité de joueur technique, emblématique du club de PSG, est un modèle. Tous les enfants rêvent d’ être Neymar !

Quelle sera la deuxième étape pour la saison prochaine?
Mon rôle sera différent. Il sera davantage à l’échelle nationale vu l’ampleur du projet dans tout le Liban. Il s’agira d’optimiser et de maximiser l’ exploitation des différents sites afin d’ avoir une qualité d’ enseignement et d’accueil toujours en adéquation avec les valeurs que veux véhiculer le PSG : inclusion sociale, travail d’équipe, respect et excellence.

Propos recueillis par @Nasser Mabrouk