Pour débuter cette deuxième semaine consacrée à notre série sur les grands championnats du football arabe, nous nous intéressons aujourd’hui au cas du Soudan, dont on ne sait pas encore quand il se terminera…

Considérée par la Confédération africaine de football comme le huitième meilleur championnat actuel du continent, l’élite soudanaise se trouve en sommeil depuis la mi-mars. Plus exactement le 16 mars, où se sont disputés à ce jour les trois dernières rencontres de D1. A cet instant-là, la compétition était dominée par le Hilal (22 matches) qui ne comptait que trois longueurs d’avance sur son rival national et local El-Merreikh (22 matches). Certains clubs comme Alamal Atbara, quatrième et belle surprise de la saison, avaient quant à eux disputé 25 rencontres. 

De fait, et dans une compétition qui compte 17 clubs et trente-deux journées, la majorité des clubs doit encore disputer une moyenne de huit matches, si l’on met de côté les deux cadors d’Omdurman. Alors que 18 pays africains sur un total de 54 ont abandonné leur championnat cette saison, le Soudan, lui, n’a pas renoncé, ni officiellement annoncé la fin de la D1, même si le football soudanais a perdu plusieurs dirigeants des suites de la pandémie de Covid-19. Et il y a quelques jours seulement, Haytham Mustafa, l’une des légendes actuelles du football soudanais, a été diagnostiqué positif au mal du siècle…

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LA SITUATION. Commençons par El-Merreikh, le champion sortant, s’est incliné quatre fois cette saison, à chaque fois sur la plus petite des marges (1-0) face respectivement au (8e), à Alamal Atbara (4e), au Hilal Obayed (3e) et plus tôt dans la compétition face à Hay al-Wadi (7e). Merreikh a même remporté le premier choc significatif contre le Hilal (2-0) le 23 novembre dernier ! Bien que faisant la course en tête, le Hilal, son voisin, a lui aussi été giflé à plusieurs reprises, essentiellement en début de saison. Par El-Merreikh on l’a vu, mais aussi par le Hilal Kadougli (2-1), enfin par Alamal Atlabara (1-0). Ce dernier club, qui occupe la quatrième place, avait disputé les play-offs pour le maintien la saison dernière, terminant 4e sur 8 après une saison régulière médiocre. Le Hilal Obayed, un club qu’on a découvert il y a quelques saisons en Coupe de la Confédération africaine, s’est maintenu dans le top 3 national, tandis que Khartoum 3 (Watani) s’effondrait. Le club de la capitale n’occupe que la 10e place et doit lutter entre deux eaux. Bref, rien de nouveau sous le ciel de Khartoum en tête avec le duel permanent entre les Bleus du Hilal et les jaunes et rouge de Merreikh… 

LES BUTEURS. Cette saison, le meilleur réalisateur n’a rien d’un inconnu. Il n’est autre que l’international trentenaire Ramadan Agab (Merreikh). Avec 8 buts, ce dernier occupe la tête à égalité avec le méconnu Yaser Muzamil (Ahly Shandi). Derrière ce duo, apparaît une autre vieille connaissance, Waleed Bakhit (Hilal Omdurman), meilleur buteur du leader, qui compte 6 réalisations. Avec 4 buts, on note derrière ces trois-là la présence de l’international sud-soudanais Dominic Aboi (Khartoum Watani). Ce dernier est d’ailleurs le premier étranger classé dans le top 10 des goleadors.

Ramadan Agab, finisseur d'Al Merreikh

Ramadan Agab, finisseur d’Al Merreikh

LA SUITE ? Aujourd’hui et compte tenu du nombre de cas de malades en augmentation, le championnat n’est pas près de reprendre, la fédération ayant prolongé indéfiniment la suspension de la compétition, qui était à la base d’un mois. Le sélectionneur national, le Français Hubert Velud, observe à distance la situation en vigueur, lui qui ne dispose quasi exclusivement que d’un effectif de joueurs issus du championnat soudanais. Son staff technique étant resté sur place, il sera l’un des premiers informés au moment de la reprise. Sera-ce août ou septembre ? Rien ne filtre encore pour l’heure mais les amateurs espèrent bientôt retrouver les matches sur leurs petits écrans, à défaut de pouvoir se rendre de nouveau dans les stades du pays. Déjà, la Tanzanie s’apprête – le 13 juin- à retrouver le chemin des terrains, après le Burundi. Un motif d’espoir.

 @Samir Farash