Ancien sélectionneur des Aigles de Carthage qu’il a conduits jusqu’en demi-finale lors de l’édition 2019, le technicien français Alain Giresse a accepté de nous donner son ressenti sur cette Tunisie qui n’en finit pas de surprendre.

« Alain bonjour, quel regard portez-vous sur la Tunisie, que vous dirigiez lors de l’édition 2019 de la CAN ?

D’abord, de vous dire que je regarde tous les matches de cette CAN. Ensuite, écoutez : leur parcours me rappelle quelque chose ! On était sortis des poules dans des circonstances quasi identiques. On disait de cette équipe qu’elle était poussive, là c’est pareil. Et puis tout d’un coup, ils se sont retrouvés !

Après deux défaites et une victoire sur la Mauritanie, la Tunisie a gagné le droit de disputer les huitièmes en qualité de meilleur troisième…

Oui. Mais l’important était de sortir de ce groupe. Après, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a bien maîtrisé son match contre le Nigeria (1-0), pourtant la seule formation qui ait gagné tous ses matches au 1ertour. L’équipe était bien en place, chacun bossait pour l’autre dans un cadre collectif bien défini. La victoire, compte tenu de ce que j’ai vu, est somme toute logique.

Tunisie : objectif attendre le dernier carré et faire au moins aussi bien qu'en 2019

Tunisie : objectif attendre le dernier carré et faire au moins aussi bien qu’en 2019

Qu’est-ce qui caractérise selon vous cette équipe tunisienne ?

C’est d’abord et avant tout un COLLECTIF. Il y a de très bons joueurs, je pense à Msakni et Khazri en particulier mais pas forcément des figures de proue internationales telles que Salah, Mané et autres. Le groupe est très homogène, titulaires et réservistes sont dans le même registre de valeur. Elle se distingue aussi par sa discipline dans le jeu. On ne fait pas n’importe quoi. On n’aurait pas pu aller jusqu’en demies en 2019 sans un groupe réceptif !

La Tunisie va jouer le Burkina Faso en quart, et elle retrouve un statut de favorite…

C’est évidemment ce que l’on dit au moment de présenter les forces en présence. Le Burkina Faso aura encore dans les jambes les deux heures du huitième contre le Gabon, en plus. Mais les Tunisiens ne « surjouent » pas. Il y a chez eux de la sobriété, de l’efficacité aussi.

Jusqu’où les pensez-vous capables d’aller ?

Un dernier carré est encore possible. Je pense que l’expérience de 2019 sert aussi à ce groupe présent au Cameroun.

Après la CAN, la Tunisie retrouvera fin mars le Mali, qui l’a battu 1-0 en poule, pour les barrages de la CDM 2022…

Ce sont deux sélections et deux pays que je connais bien pour y avoir vécu et entraîné. Les deux formations s’affrontent régulièrement et se connaissent parfaitement. Je pense que ce sera très équilibré. Ce que je ne comprends pas en revanche, c’est ce tirage au sort formaté avec les cinq meilleurs classés d’un côté, les cinq autres de l’autre. Pourquoi ne pas procéder à un tirage intégral ? De même, pourquoi favoriser les cinq meilleurs classés en leur permettant de recevoir au retour ? »

Propos recueillis par @Frank Simon