2022mag a interrogé, en exclusivité, l’entraîneur français de la JS Kabylie avant la finale de ce samedi à Cotonou (Bénin) contre le Raja de Casablanca. Le coach des Canaris du Djurdjura évoque cette échéance et son groupe.

« Denis Lavagne, félicitations pour cette finale continentale. L’objectif initial du club dans cette compétition est largement dépassé. Est-ce que cela faisait partie de vos plans d’aller jouer le titre en Coupe de la Confédération ?

Effectivement, l’objectif est rempli depuis que l’on est sorti des poules. Après, quand on arrive dans un club, on a toujours l’espoir d’obtenir des résultats. Mais de là à parvenir en finale de la Coupe de la Confédération avec un groupe aussi jeune, non, ce n’était pas programmé !

Denis Lavagne :  six mois d'une réussite indiscutable  (photo  page facebook JSK)

Denis Lavagne : six mois d’une réussite indiscutable (photo page facebook JSK)

C’est votre première finale africaine sur le banc, même si vous en avez remportées trois au Cameroun et une en Tunisie dans les coupes nationales avec vos anciens clubs. Que ressentez-vous :  fierté, émotion ? Ou bien, beaucoup d’humilité à l’approche de l’évènement ?

Une grande fierté bien sûr, surtout que l’on a accompli un parcours exemplaire sur le plan des résultats mais aussi du jeu avec des victoires à l’extérieur probantes. Je dois vous préciser que je n’ai jamais perdu dans une finale sur un match. Donc espérons que cela continue !

Qu’est-ce qui a fait la différence selon vous dans ce long parcours : état d’esprit, fraîcheur, organisation, motivation ?

A mon humble avis, les quatre facteurs cités sont importants mais je pense que l’état d’esprit démontré par les joueurs est primordial.

Votre parcours africain, en raison du calendrier serré, a conduit au report de vos matches de championnat. Quel impact cela a-t-il sur justement la D1 ? Vous venez de perdre contre la JS Saoura par exemple, avec un onze remanié à 50 %…

Il est certain que le nombre de matches qu’il nous reste à disputer nous contraint à faire tourner l’effectif dans certains matchs de championnat, surtout que nous sommes également qualifiés pour la coupe. Par conséquent, nous avons perdu des points en championnat et il est certain qu’il est passé au deuxième plan par rapport aux deux coupes (Coupe de la Confédération et Coupe de la Ligue).

La JSK a remporté trois Coupes de la CAF au début du XXIe siècle et puis plus rien ensuite. Est-ce que c’est quelque chose dont on vous parle beaucoup au sein du club ? 

Bien sûr ! Cela fait 19 ans que le club et les fans de toute la Kabylie attendait ça ! Il est certain que cette qualification a un gros impact médiatique et social ici.

 JS Kabyle :

JS Kabyle :

Quelle est la place des anciens joueurs au sein de la JSK ?

Il y a bien quelques joueurs qui sont intégrés au club, soit en tant qu’éducateurs ou bien de dirigeants. Clairement, la JSK est une institution. En Kabylie, c’est même plus que ça, c’est un symbole.

Vous êtes également qualifiés en finale de la Coupe de la Ligue contre le NC Magra. Objectif victoire comme en CDC évidemment ?

La finale de la Coupe de la Ligue a été reportée à une date ultérieure mais bien sûr nous viserons la victoire finale. Nous sommes les favoris et nous devons offrir ce trophée au club et aux fans pour que le club renoue enfin avec les titres. Mais cela sera dur car nous aurons toute la pression. Reste que le stade du 5 juillet d’Alger nous réussit plutôt bien ! 

Le grand public africain a découvert Kerroum, Souyad, Bensayah ou encore Boulahia à l’occasion de votre épopée africaine. Parlez-nous de ces joueurs et de cet effectif relativement jeune et peu expérimenté…

Kerroum est un tout jeune latéral avec de grandes qualités défensives et qui s’améliore petit à petit dans l’utilisation du ballon. Le stoppeur Ait Abdeslam a eu une progression importante et c’est un défenseur complet avec une qualité de relance très intéressante. Souyad est également un défenseur très fort dans les duels avec un bon placement et un jeu de tête offensif efficace. Notre capitaine Bensayah est un peu plus âgé, c’est un attaquant à l’état d’esprit exemplaire qui doit s’améliorer pour mieux finir ses actions offensives. Boulahia est un attaquant puissant qui pèse sur les défenses, crée des brèches pour les autres et épuise les défenseurs. Cependant il doit progresser techniquement.

Globalement, vous êtes satisfait par cet effectif ?

L’effectif est jeune, peu expérimenté mais il présente une marge de progression importante et un état d’esprit, une envie de progresser et de gagner exceptionnels. Et puis il y a un garçon très important :  Bencherifa. Il est le plus âgé (32 ans) et le plus expérimenté, celui qui apporte beaucoup à l’ensemble du groupe. En tout cas, c’est un groupe avec lequel il est très agréable de travailler.

Comment fait-on pour conserver une dynamique positive en championnat et en Coupe d’Afrique ? Quelle est votre méthode ? 

On essaie de pas se mettre trop de pression et de bien préparer tactiquement les matchs. Concernant le championnat, on se sert de la motivation des matches CAF pour trouver l’énergie de les remporter !

Chérif Mellal est le président de la JSK depuis février 2018 et il a déjà consommé pas mal de coaches (4, Bouzidi, Dumas, Velud, Zelfani) avant votre arrivée. Est-ce facile de fonctionner avec lui ? La pression des supporters est-elle forte ?

Pour l’instant et vu les résultats actuels, il est toujours facile de travailler avec son président. Toujours est-il qu’on me laisse travailler tranquillement sans s’immiscer dans le domaine sportif. Quant à la pression des supporters, elle est très positive dans la période actuelle.

Comment voyez-vous la suite de votre aventure à la JSK ? Quelle est votre envie ?

Mon envie est de rester. Maintenant, on verra à la fin de la saison. On est pour l’instant concentrés sur les deux finales à disputer.

Pour terminer, une question sur le Raja que vous avez déjà affronté, notamment en Botola quand vous dirigiez un club marocain. Quelle vision avez-vous de ce club et de cet adversaire qui compte de très grosses individualités ?

Je me dois de préciser que c’est une équipe que j’ai également affrontées avec le Cotonsport (CAM) en 2011 lors de la phase de poule de la Ligue des champions. On l’avait battu à Garoua et fait nul à Casablanca. Sinon, c’est une équipe avec de gros moyens financiers et qui a l’habitude de disputer la Champions League avec un duo d’attaque performant.

Votre pronostic ?

Sur un match et si nous évoluons à notre meilleur niveau, nous avons les qualités pour les gêner et réaliser l’exploit de les battre ».

Propos recueillis par Samir Farasha