Si son talent intrinsèque a toujours été reconnu, mis en avant, montré souvent sur le terrain, il faut reconnaître que le palmarès de Hatem Ben Arfa (31 ans) depuis qu’il a quitté Lyon en 2008 est bien maigrelet . La « faute à pas de chance » peut-être, mais la faute surtout à une carrière mal gérée. Comme ce passage complètement raté au Paris SG, le club de son coeur avait-il toujours dit, qui lui a valu de rester plus d’une saison sur le flanc. Sans jouer.

Aujourd’hui, le natif de Clamart a le courage de reconnaître  que ce cheminement l’a frustré: « C’était une grosse épreuve (l’expérience parisienne ), je n’étais pas préparé à vivre ça. C’est hors du commun d’être au placard d’un coup, sur un truc hors sportif (ndlr, un comportement maladroit vis-à-vis de son ex-président Nasser Al-Khelaïfi en présence de l’émir du Qatar). Tu n’es pas préparé. J’étais tranquille mais au fond de moi, il y avait de l’incompréhension : « pourquoi ça m’arrive à moi ? » Les gens veulent me faire payer mon honnêteté. On m’a fait payer comme ça. Mais ça m’a rendu plus fort ».

En signant à Rennes en juillet 2018, le Franco-Tunisien a entamé une phase de reconstruction  dans un club à la fois familial et ambitieux où il semble se plaire et qui va peut-être lui offrir l’occasion de remporter un premier titre après dix ans de disette « Je la ressens cette frustration de ne pas gagner de titres, Là, l’espoir revient. On se disait que c’était un club « sparring-partner » qui finit entre la 7e et la 10e place. Maintenant, il y a espoir de gagner des choses, d’aller chercher quelque chose ».

Pour y arriver, Ben Arfa devra mener le Stade Rennais en finale de la Coupe de France en s’imposant mardi soir face à  une équipe de  Lyon  toujours redoutable dans son Groupama Stadium qui fera sans doute le plein. En cas de bonne nouvelle ce soir,  le joueur formé à Lyon peut espérer retrouver en finale  le Paris SG si ce dernier prend la mesure du FC Nantes. Ce qui est une forte possibilité. il y a beaucoup de si, mais Rennes a montré en Europa League qu’il avait les moyens de faire de gros coups face aux grosses cylindrées.

@Cheikh Mabele