Pour une fois, la Confédération africaine de football (CAF)  n’a pas traîné pour faire le bilan  d’un Mondial où elle avait cinq représentants. Et ce dernier est jugé décevant voire inquiétant  par Ahmad Ahmad le président de l’institution faîtière du football continental.Ses  déclarations sévères ont été faites lors de l’ouverture  le samedi 21 juillet à  Rabat de la Conférence d’évolution de la participation des équipes africaines  à la Coupe du monde de la FIFA Russie 2018.  Extraits.

Ahmad Ahmad (président de la CAF)

Ahmad Ahmad (président de la CAF)

Le bilan chiffré et comparé : “Nos cinq représentants ont inscrit en 15 matches 15 buts seulement et un but contre son camp et encaissé la bagatelle de 26 buts. Sur les 15 matches, les 5 Africains ont gagné trois matches, fait deux nuls et perdu 10 fois .C’est un bilan maigre et inquiétant. Aucun n’est parvenu à passer le 2e tour. Avec 10 équipes, les Européens ont inscrit 102 buts et en ont encaissé 77 lors du Mondial-2018. Ils ont comptabilisé 35 victoires, 2 nuls et 21 défaites. Ce bilan les met hors de portée de tous les autres continents » Et de rappeler que pour l’Afrique, les interrogations ne datent pas de 2018:   » Depuis 48 ans nous ne l’avons jamais gagnée cette Coupe du Monde ! Nous n’avons jamais dépassé au mieux le stade des quart de finale. Jamais un joueur africain n’y a été consacré N°1 Mondial ».

Le potentiel  : “ Pourtant, les joueurs africains garnissent les clubs les plus prestigieux de la terre. Pourtant notre continent est perçu comme un réservoir universel de talents. Pourtant nous disposons d’un public que la terre entière nous envie. Que manque-t-il exactement à nos représentants pour rivaliser d’ardeur, de talent et d’efficacité avec les meilleurs du monde ? »Sur notre continent la ferveur du football est unique. Elle incarne une passion dévorante. Elle fait naître des moments de transe, de sublimation mais l’essentiel, les performances et

La Tunisie n'a pas pesé offensivement (photo Fifa.com)

La Tunisie n’a pas pesé offensivement (photo Fifa.com)

Questions et solutions.  « S’agit-il de dysfonctionnements dans la préparation ? De gestion ou de management des effectifs ? Nous devons changer les choses.Les titres ne sont pas au rendez-vous aujourd’hui. Notre football doit s’affirmer sur la scène mondiale avec de vrais résultats. Et pourquoi pas des exploits. Il doit refléter à la fois la noblesse et le talent mais surtout des résultats forts et convaincants”, a-t-il souligné. Pour tout cela, il n’y a qu’une seule recette : une mise au travail immédiate, je le répète, et un développement rationnel depuis la base jusqu’au haut niveau. Dans ce dispositif d’évolution, l’engagement de la CAF sera total, sans aucune retenue et je vous l’assure, j’y veillerai personnellement avec le sentiment fort que nous pouvons réussir tous ensemble”.

Après les discours volontaristes, les passionnés du football africain attendent les faits. Le président de la CAF a promis le changement. Comment ?  Et de quels atouts dispose-t-il pour agir sur un problème de performance qui dépend avant tout, et en grande partie, des politiques  de développement et des volontés publiques nationales ? Nous attendrons ses propositions avec impatience.

@Cheikh Mabele