A partir d’aujourd’hui, 2022mag consacre une nouvelle série aux nouvelles pépites du football arabe. Le premier épisode est consacré à l’Egyptien  Sobhi, récemment désigné meilleur joueur de la CAN U23 qualificative au tournoi olympique de Tokyo.

C’est l’histoire d’un « Pharaon » dont le règne a débuté bien jeune. Né en 1997, ce Cairote commencé sa carrière pro à 17 ans, en février 2014 au Ahly. C’est Mohamed Youssef qui le lance dans le grand bain professionnel, à un âge où l’on répète d’ordinaire ses gammes dans les équipes de jeunes. L’impact de ce longiligne milieu de terrain excentré est quasi immédiat. Il remportera le titre national avec les Diables Rouges et la Coupe de la CAF. 

A l’occasion d’un tournoi international de jeunes disputé aux Emirats, il tape dans l’œil de l’Atletico Madrid. Mais le Ahly tient à sa pépite et un an après ses débuts, lui offre un contrat sur le long terme, vite paraphé par Sobhi. C’est l’Espagnol Juan Garrido qui décide d’en faire un titulaire régulier dans l’entrejeu cairote lors de sa deuxième saison. En 2015-16 et cette fois sous le Néerlandais Martin Jol, il décroche sa deuxième couronne nationale sous le maillot du Ahly, alors qu’il n’a que dix-neuf ans !

Alors que de nombreux clubs européens lorgnent sur ce joueur à la fine technique, le club finit par céder et le transférer. Ce sera à Stoke City en Premier League anglaise, pour un montant de 5M de livres. Il y passera deux saisons avant de rejoindre Huddersfield Town en 2018. A Stoke, il dispute 46 matches parmi l’élite anglaise. Mais le club décide de le vendre à l’été 2018 pour 5,7 M de livres. Sobhi signe pour trois ans mais la réussite n’est pas au rendez-vous, le coach David Wagner ne l’alignant qu’à quatre reprises. Il retourne donc au Caire et au Ahly sous forme de prêt au bout de six mois infructueux. Le club cairote, tout heureux de récupérer son “fils”, prolongera d’une saison supplémentaire ce prêt payant.

Ramadan Sobhi prêté au Ahly par Huddersflield

Ramadan Sobhi prêté au Ahly par Huddersfield

L’équipe nationale est l’autre passion de Sobhi, à l’instar des joueurs égyptiens, dont on connaît le sens patriotique développé quand il s’agit d’arborer le maillot rouge de la sélection.

Lancé en juin 2015 en éliminatoire de la CAN 2017 contre la Tanzanie à 17 ans et 11 mois, il devient pour l’anecdote le deuxième plus jeune « Pharaon » derrière un certain Mido. En janvier 2017, Sobhi fait partie des Pharaons appelés par Hector Cuper pour disputer la CAN au Gabon, dont il va atteindre la finale perdue contre le Cameroun (1-2). Sobhi entrera en jeu au cours de quatre des six matches de l’Egypte. Et il fera également partie de la sélection qui participe à la CDM en Russie à l’été 2018.

L’autre grand fait d’armes de Ramadan Sobhi, c’est le titre de champion d’Afrique U23 conquis chez lui, au Caire, en novembre 2019. Un succès qui qualifiait l’Egypte pour le tournoi olympique de Tokyo à l’été 2020, une compétition reportée depuis en raison de la pandémie du Covid-19.

Véritable moteur offensif des jeunes Pharaons conduits par Shawky Gharib, à l’aise à gauche comme à droite, parfois attaquant, Sobhi inscrit le but victorieux en finale contre la Côte d’Ivoire (2-1) en prolongation. Il sera dans la foulée désigné meilleur joueur du tournoi, après avoir inscrit trois buts (plus deux passes décisives) en cinq apparitions.

En Egypte, on l’a très vite comparé dans son registre à l’un des plus grands joueurs contemporains du pays, l’immense Aboutreika, autre légende de la sélection et du Ahly. Pour le racheter, il faudra a minima débourser 5M d’euros. C’est ce que demande Huddersfield en tout cas. Le joueur a récemment fait l’objet d’une proposition des Turcs du Besiktas, dans un championnat très friand de talents égyptiens. Une offre rejetée par l’intéressé qui rêve d’un retour en Europe par la grande porte, de préférence anglaise.Il lui faudra peut-être se dépouiller de cette tendance à « provoquer » l’adversaire et à le chambrer, comme c’était le cas à ses débuts et qui lui a valu pas mal de reproches. Pour simplifier et apurer un style qui fait de lui l’un des prochains cadres de la sélection. Il en a les qualités en tout cas.

@Samir Farasha