Lourdement battus à Pretoria par les Sundowns sud-africains (3-0), les Chevaliers Blancs n’ont d’autre choix que de réaliser ce dimanche soir un exploit à Borg El-Arab. L’espoir fait vivre.

Qui succèdera au TP Mazembe, sacré champion d’Afrique en novembre 2015 ? Après la finale aller de la Ligue des champions d’Afrique à Pretoria, le destin des Egyptiens du Zamalek semble quasiment scellé : ils se sont lourdement inclinés (3-0) face à des Mamelodi Sundowns qui les avaient dominés (2-1) et (1-0) lors de la phase de poules en juillet dernier. Un 3 sur 3 qui donne un gros avantage psychologique au coach Pitso Mosimane.  Quand on songe à la finale de samedi passé, plus que le résultat brut, c’est la manière avec laquelle les Egyptiens ont coulé dans la province du Gauteng qui pose problème. Une équipe désorganisée défensivement, amorphe offensivement, et dont les leaders techniques n’ont jamais su trouver la faille dans les rangs des « Brésiliens » d’Afsud.

Tebego Langerman - Ali Mossad

Tebego Langerman – Ali Mossad

 Depuis leur retour, les Cairotes ont eu tout le loisir de revenir en détails sur leur terrible échec collectif, autant imputable au coach Moemen Soliman qu’à des joueurs qui ne pouvaient même pas se prévaloir d’une méconnaissance de leur adversaire. Après avoir regonflé le moral de ses troupes, l’heure est aujourd’hui à l’exploit. Un 4-0 sec ou un 3-0 avec prolongation. Le fait d’évoluer à Borg El-Arab, en banlieue d’Alexandrie et devant un stade entièrement acquis à la cause zamalkaoui (50 000 supporters attendus) devrait naturellement aider, voire porter les coéquipiers de l’avant-centre Bassem Morsi. Lui comme son compère nigérian Stanley Ohawuchi ont des choses à se faire pardonner. Mais ils ne sont pas les seuls.

Miracle ou débacle ?

 Douzième entraîneur « consommé » par le bouillant président Mortada Mansour en l’espace de deux ans, Moemen Soliman se sait par avance condamné en cas d’échec. Le jeune coach égyptien a de toute façon annoncé lui-même la couleur avant la finale aller en expliquant qu’il démissionnerait en cas d’échec. « Nous avons désormais besoin d’un miracle » a constaté lucidement le technicien, qui sait que l’exploit passera forcément par une motivation de tous les instants.  Le déficit de trois buts n’est pas insurmontable, Zamalek le sait : vainqueur 4-0 du Wydad de Casablanca en demi-finale aller, il s’est incliné 5-2 au Maroc… Mais il était parvenu à sauver sa place en finale en inscrivant deux buts. Aujourd’hui, ses joueurs sont condamnés à prendre le jeu en main et à livre un combat, physique et surtout tactique, à une formation qui leur a infligé six buts en trois confrontations cette année.

Bassem Abdallah

Bassem Abdallah

 Quatorze ans après leur dernier titre de champion continental, le Zamalek veut encore croire à l’exploit. C’est d’ailleurs le sens du message délivré par la plupart de ses joueurs, à commencer par son capitaine et vétéran Mahmoud Abdel Razak « Shikabala » : « La première manche, c’est du passé ». Les Sundowns auront le soutien à Alexandrie du sélectionneur national, Ephraim Shakes Mashaba, qui viendra encourager le club de Pretoria, tout proche de succéder aux Orlando Pirates, premier (et seul) club sud-africain à remporter le titre de champion, c’était en 1995. Finalistes en 2001, les joueurs du président et milliardaire Patrice Motsepe sont arrivés en milieu de semaine en Egypte pour préparer sereinement ce match considéré comme le plus important de leur histoire. Outre le 1,5 million de dollars que le vainqueur empochera, il sera assuré de disputer prochainement la Coupe du monde des clubs FIFA au Japon.

 @Samir Farasha