Vainqueurs (3-0) du Ahly cairote à l’issue d’une finale pleinement maîtrisé, les Sang et Or succèdent au Wydad et décrochent leur troisième Ligue des champions.

Vendredi soir à Radès, l’Espérance de Tunis a écrit l’une des plus belles pages de son histoire contemporaine en LDC . Auteur d’un match d’une grande qualité sur le plan collectif, Taraji a tout simplement réussi sa remontada et remporté à la régulière ce sommet continental (3-0) aux dépens d’un Ahly totalement amorphe et sans intentions dans le jeu.

Battue 3-1 par le Ahly à Borg El-Arab huit jours plus tôt, dans une finale entachée d’irrégularités sur le plan arbitral, l’Espérance de Tunis avait donné rendez-vous à Radès. Dans un stade plein qui a su porter ses favoris, les joueurs du jeune coach Mouine Chaabani (37 ans), qui a succédé le mois passé à Khaled Ben Yahia, ont d’abord sur faire preuve de patience.

Taraji a dominé les débats en confisquant le ballon aux Egyptiens, privés de Walid Azaro (suspendu après la finale aller pour avoir déchiré volontairement son maillot notamment, sur le deuxième penalty). Les Tunisois auraient pu bénéficier d’un penalty dans la première demi-heure mais l’arbitre éthiopien ne bronchait pas.

LDC 2018 : succès amplement mérité des Sang et O face au Ahly  ( photo cafonline.com )

LDC 2018 : succès amplement mérité des Sang et O face au Ahly ( photo cafonline.com )

Dans le temps additionnel, Taha Yacine Khenissi délivrait une merveille de passe décisive pour Saad Bguir, qui remplaçait dans l’entrejeu le Camerounais Frank Kom, suspendu. Bguir, qu’on avait découvert lors du CHAN 2016 au Rwanda, trompait El-Shennawy d’une frappe du gauche à ras de terre (45+1′).

On connaît l’importance de marquer avant la pause, et ce premier but allait parfaitement servir les desseins tunisois. L’Espérance regagnait les vestiaires avec ce précieux avantage en poche. La moitié du chemin était parcouru, le Ahly paraissait sonné.

 Aymen Ashraf et les siens attendront encore   de remporter leur neuvième Tite continental

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De retour en seconde période, l’Espérance accentuait sa domination et à la 54e minute, sur un ballon donné par l’Algérien Belaili dans le couloir droit à Sameh Derbali, ce dernier adressait un centre, que Bguir, démarqué, reprenait d’une tête piquée (2-0). Radès rugissait de plaisir, le Ahly était à terre, l’Espérance bien partie pour décrocher un troisième titre après 1994 et 2011.

 

Dans la demi-heure qui suivait, le match perdait de sa consistance, haché par de nombreuses fautes. Le Ahly tentait bien de réagir mais n’adressait aucune frappe cadrée. La défense commandée par Khalil Chemmam ne prenait aucun risque de son côté, et alimentait ses attaquants.

En toute fin de rencontre, sur un ballon récupéré au milieu de terrain, l’Espérance enfonçait définitivement le Ahly. Le contre mené à 3 contre 3 était exploité par Anice Badri, dont la frappe croisée à l’entrée de la surface trouvait la lucarne d’El-Shennawy (3-0). Net et sans bavure. Taraji avait bien mérité sa victoire et totalement effacé le résultat de l’aller. Le Ahly perdait de son côté sa deuxième finale de LDC africaine consécutive, après celle de 2017 contre le WAC.

La remise du trophée était accompagnée de scènes de liesse à Radès. Elle voyait aussi une poignée de mains, digne et symbolique entre les présidents Ryad Bennour et Mahmoud Bibo Al-Khatib. L’Espérance, qui n’était pas parvenue à battre le Ahly, son adversaire en poule (0-0, 1-0 puis 3-1 en finale) a parfaitement réussi son exploit et mérite pleinement son sacre, qui la qualifie pour la prochaine Coupe du monde des clubs en décembre.

A noter que la défense de son titre débutera très vite puisque les préliminaires de la LDC 2018-19 débutent à la fin du mois de novembre. Taraji aura cependant la primeur d’entrer en lice qu’à partir de la phase de poules pour cette LDC de transition. Le Ahly, lui, devra en passer par les seizièmes où il affrontera le vainqueur de Jima Abajifar (ETH)-Djibouti telecom (DJI).

@Samir Fararsha

La composition des équipes

ES Tunis  : Moez Ben Cherifia, Sameh Derbali, Mohamed Ali Yacoubi, Saad Bguir (Erbeia, 61e), Ayman Ben Mohamed, Khalil Chemmam, Fousseny Coulibaly, Ghaylene Chaalali, Anice Badri, Taha Yassine Khenissi (Mejri, 69e), Youcef Belaïli (Meskini, 80e). Entraîneur : Chaabani.

Al Ahly : Mohamed El-Shennawi, Mohamed Hani (Salah Mohsen, 62e), Saad Samir, Salif Coulibaly, Ayman Ashraf, Hossam Ashour, Amr El-Sulaya (Hamoudi, 75e), Mido Gaber (Karim walid, 62e), Islam Mohareb, Walid Soliman, Marwan Mohsen. Entraîneur : Carteron.