A quelques jours des retrouvailles entre l’ASEC et le Wydad de Casablanca à Abidjan (5-2 à l’aller), 2022mag a rencontré Rachid Ghaflaoui, le coach du Williamsville AC (CIV). Le technicien marocain, qui connaît bien le WAC, a récemment battu l’ASEC. Il nous livre ses impressions sur ce choc de la Ligue des champions programmé samedi après-midi.

« Rachid bonjour, vous venez de remporter un nouveau succès avec votre club, tombeur de l’AS Tanda (1-0). Ca va beaucoup mieux, non, pour un club que vous avez pris à l’automne dernier à la dernière place…

Depuis mon arrivée sur le banc, je suis et reste toujours très optimiste. Depuis six matches, on est effectivement sur une bonne série. On est à six points de la 4e place, il reste sept matches à jouer. Mais nous sommes aussi situés dans une zone avec pas mal de clubs qui se tiennent en deux ou trois points. A nous de garder cette envie, cette rage de vaincre pour décrocher le maintien.

Rachid Ghaflaoui

Rachid Ghaflaoui

Tout dernièrement, vous avez accroché le scalp de l’ASEC. Dans quelles circonstances ?

D’abord, je tiens à rappeler que l’ASEC est champion en titre et qu’il demeure un grand club qui possède une histoire exceptionnelle. Mais les choses évoluent vite. Et en football, la vérité vient du terrain. J’ai toujours suivi l’ASEC et je connais par conséquent sa stratégie et son système de jeu. Quand on les a joués, j’ai tout fait pour contrôler leur animation pour les empêcher de s’exprimer, grâce au courage et à l’envie de gagner des « Guêpes », nos joueurs. On a inscrit le seul but de la rencontre sur une reprise de la tête victorieuse de notre recrue Guy-Désiré Guéhi, qui vient d’Aboisso (D2).

Que pouvez-vous nous dire du Wydad, vainqueur de la Ligue des champions 2017 ?

C’est un club de mon pays que je connais bien, évidemment. J’ai eu l’occasion de collaborer à l’époque de John Toshack sur le banc. J’étais chargé de réaliser des rapports techniques d’observation de ses adversaires en Ligue des champions. Depuis, je n’ai plus eu de contact. Mais je souhaite au WAC un bon match, et qu’il franchisse ce cap pour atteindre les quarts de finale. Il le mérite.

Si vous deviez conseiller l’ASEC sur le plan tactique pour battre le Wydad, que diriez-vous à Amani Yao, votre homologue ivoirien ?

Désolé, je ne peux pas, c’est mon pays ! (il rit) Je suis là pour honorer le football marocain et mon pays. Le WAC est habitué à jouer ce type de rencontres, il est très bien positionné en Botola aussi. L’ASEC souffre de son côté, on l’a vu samedi passé contre le Racing d’Abidjan (RCA, 0-0). Mais un match de championnat n’a rien à voir avec la Ligue des champions d’Afrique. Si vainqueur il y a, ce sera l’équipe la plus prête tactiquement, et j’insiste sur ce mot, tactiquement.

Pour terminer, on aimerait avoir votre sentiment sur les chances des clubs marocains d’aller au bout en LDC et en Coupe de la Confédération en 2019…

Le Raja a remporté l’édition 2018 de la CDC mais il souffre en ce moment. Cependant, je reste optimiste qu’il sorte de sa poule, sorte de mini championnat marocain, avec le Hassania Agadir et la Renaissance Berkane. Le Raja et Berkane devraient être au tour suivant. Quant au Wydad, en LDC, il est encore trop tôt pour dire s’il peut aller au bout comme en 2017. Il y a d’autres sérieux prétendants, je pense à Mazembe ou encore à l’Espérance, voire au CS Constantine ». 

Samir Farasha, à Abidjan