Victorieux 3-1 du Raja après avoir été menés au score jusqu’à l’heure de jeu, les Chevaliers Blancs ont terminé le match en beauté. Ils défieront le Ahly à Borg El-Arab le 27 novembre, pour une (inédite) finale africaine puisque 100% égyptienne.

Ils y ont cru pendant une heure. Soixante et une minutes durant, les joueurs du Raja ont été en position de faire vaciller le Zamalek. Un début de rencontre sur les chapeaux de roue pour une formation casablancaise pourtant privée de son gardien de but titulaire, Anas Zniti (Covid 19 oblige) et qui alignait un onze avec trois changements : Bouamira dans le but (0 match de LDC cette saison), le Libyen Al Warfali de retour en charnière centrale, et le milieu récupérateur Al Wardi dans l’entrejeu.

 Dès la 11e, et sur corner de Hafidi, Al Warfali place une tête avec rebond qui oblige Abou Gabal à une parade désespérée au sol. Le ton est donné pour les Cairotes, qui alignent – à deux éléments près- la même équipe qu’à l’aller, lorsqu’ils se sont imposés 1-0. Mahmoud Alaa retrouve sa place dans l’axe défensif tandis que le longiligne Tunisien Ferjani Sassi supplée Youcef Obama, touché au genou gauche, au poste de milieu axial. Etonnamment, le Zamalek opte d’emblée pour une stratégie très défensive. Refuse le jeu, laisse manœuvrer un Raja qui confisque le ballon à mesure que le temps s’égrène. Tactique risquée que celle de Jaime Pacheco qui mise sur le manque de rythme des Marocains et espère les voir s’essouffler rapidement. 

Les Rajaouis y ont crû durant une heure _oA la 18e, premier fait de jeu : un duel dans la surface entre Alaa et Malango qui reçoit une béquille de son adversaire. Penalty ? Après consultation de la VAR, l’arbitre ordonne la reprise du jeu. Le Raja, galvanisé par ces premières minutes, continue de faire le jeu avec son vétéran et capitaine Moutaouali à la baguette. Infiltré côté droit, son centre dévié par le dos d’El Wensh oblige Abou Gabal à une parade désespérée sur sa ligne (25e). Juste avant la poste, le Raja obtient une nouvelle occasion, avec une frappe tendue et rasante des 25 mètres initiée par Moutaouali. Abou Gabal fait bonne garde (41e). Au retour aux vestiaires, l’attitude des Rajaoui tranche avec celle du Zamalek. On s’attend à une explication de texte dans le vestiaire cairote, tandis que les jeunes Casablancais semblent habités par l’idée d’un exploit. Ils ont maîtrisé la possession à hauteur de 66%.

Et c’est justement ce qu’ils accomplissent à leur retour sur le terrain. Sur un joli mouvement collectif, le Congolais Ben Malango trompe Abou Gabal, avec la complicité involontaire du latéral Gomaa, qui dévie dans son propre but (1-0, 47e). Jamal Sellami et le banc rajaoui exultent. Le score mérité, l’exploit est en route. Vexés, les joueurs du Zamalek se décident enfin à attaquer. Il était temps. Ils mettent un quart d’heure à encercler le but de Bouamira, qui n’a encore rien eu à faire. L’égalisation, comme un coup de tonnerre, est le fait de Sassi. Sa frappe exceptionnelle de l’extérieur du droit tape le poteau et trompe Bouamira (1-1, 62e). Voilà le Raja revenu à la case départ. Pour espérer se qualifier, il lui faut simplement un but. Mais la fatigue se fait de plus en plus sentir, la nervosité aussi. Sellami procède à quatre changements en dix minutes. Le Zamalek, au lieu de rentrer dans sa coquille, décide de poursuivre son effort. Zizo est tout proche de doubler la mise sur une frappe captée en deux fois par Bouamira (82e). On sent que le Raja n’y est plus, ni mentalement ni physiquement.

Le Zamalek disputera sa première finale depuis 2016 de LDC  (photo page Facebook Zamalek)

Le Zamalek disputera sa première finale depuis 2016 de LDC (photo page Facebook Zamalek)

A la suite d’un débordement côté droit, Zizo centre pour la tête de l’avant-centre Mostafa Mohamed, que l’on n’a pas vu du match. Ce dernier propulse le ballon dans la lucarne de Bouamira (2-1, 85e). Le Raja plonge trois minutes plus tard lorsque le même Mostafa Mohamed, parti dans le dos d’une défense montée à contre-temps, trompe Bouamira (3-1, 88e). L’appel à la VAR confirme ce but. Le score est cruel. Dans le temps additionnel Bencharki marque un quatrième but, d’un joli lob. Hors-jeu au départ de l’action, il est logiquement annulé.

Victoire (3-1) du Zamalek, dont le réveil tardif aura eu raison d’un adversaire en manque de rythme. Les Chevaliers blancs rejoignent donc le Ahly pour une finale 100% égyptienne et cairote, le 27 novembre à Borg el-Arab, en banlieue d’Alexandrie. Bravo au Raja qui aura démontré un joli visage en dépit des difficultés liées à sa condition défaillante. Au passage, le Zamalek va disputer sa première finale depuis 2016, perdue contre les Mamelodi Sundowns (AFS). A l’époque, le coach sud-africain s’appelait PItso Mosimane. Il est aujourd’hui l’entraîneur… du Ahly ! 

@Samir Farasha

La feuille de match

Au Caire (Stade international)

Zamalek (EGY) – Raja (MAR) : 3-1 (0-0). Arbitre : M Ndiaye (SEN). Buts : Sassi (62e), Mostafa Mohamed (85e, 88e) pour le Zamalek ; Malango (47e) pour le Raja.
Zamalek : Abou Gabal – Eid, El Wensh, Alaa, Gomaa – Gaber, T. Hamed (Shikabala, 90e + 3) – Zizo, Sassi, Bencharki – Mostafa Mohamed (K. Kasongo, 90e + 3). Entraîneur:  Jaime Pacheco.

Raja : Bouamira – Madkour (Achchakir, 75e), Al Warfali, Benoun, Ngah – Arjoune (Ngoma, 65e), El Wardi (Makahasi, 72e) – Moutaouali (Benhalib, 65e), Rahimi, Hafidi – Malango. Entraâineur : Jamal Sellami.