Comme on le pressentait, l’Egypte n’est jamais parvenue à faire jeu égal avec les Diables Rouges. Pis, elle est apparue ordinaire et sans ressort privée de Mohamed Salah. Elle n’a plus gagné depuis octobre dernier.

La résistance n’aura même pas duré une demi-heure. Opposés à une Belgique redoutable de discipline et de jeu offensif, il y avait trop d’écart entre les Pharaons et les joueurs de Roberto Martinez pour espérer un résultat positif.
Dès le premier quart d’heure, Dries Mertens « chauffait » les gants d’Essam El-Hadary, titularisé dans le but par Hector Cuper. Le gardien vétéran (45 ans) s’employait pour dévier au-dessus du but une frappe qui prenait la direction de la lucarne.Le onze aligné par l’Argentin ressemblait, à un ou deux éléments près, à ce qu’il sera certainement en Russie, à l’exception de Mohamed Salah qui continue de suivre son protocole médical express en Espagne.

Plus encore que contre la Colombie la semaine passée à Bergame (0-0), les Egyptiens souffraient du rythme imposé par leurs hôtes du soir. Eden Hazard était à la baguette et expédiait une frappe croisée à ras de terre qu’El-Hadary repoussait… juste devant lui. Romelu Lukaku, qui avait suivi l’action, n’avait plus qu’à pousser le ballon au fond (1-0, 26e). Ce but d’avance était la conséquence logique d’une domination dans le jeu, de l’impact physique et technique imposé par une formation séduisante dans tout ce qu’elle accomplit.

Conservateur, Hector Cuper   peine à trouver des solutions

Conservateur, Hector Cuper peine à trouver des solutions

Une équipe sans ressource

Dix minutes plus tard, rebelote. Ahmed Fathy se faisait bêtement chiper le ballon dans le coin droit, non loin du point de corner, par Yannick Carrasco. Ce dernier, fort intelligemment, centrait en retrait pour Eden Hazard. Ce dernier, pourtant isolé au point de penalty au milieu de quatre Egyptiens, reprenait sans souci et envoyait le ballon sous la barre d’El-Hadary (2-0, 38e). Simple et efficace.
Piqués au vif, les vice-champions d’Afrique 2017 essayaient bien de s’approcher du but de Thibaut Courtois mais ne parvenaient pas à frapper. Les centres étaient captés ou dégagés. Sobhi à gauche et Warda à droite ne sont jamais parvenus à tromper la vigilance de leurs défenseurs respectifs.

L’Egypte paraissait sans ressource, même si la présence d’Elneny, titularisé et de retour d’une blessure à la cheville, a certainement apporté un regain de confiance au milieu de terrain. A 2-0 à la pause, tout était encore possible à condition sans doute de changer quelque chose. Mais Cuper, frileux et conservateur, a préféré garder son système habituel.
En seconde période, l’Egypte a donc couru après le ballon le plus souvent. L’entrée en jeu de Trezeguet, le passage de Warda dans l’axe comme pointe unique à la place de Mohsen, sans ressort, ont apporté un petit plus offensif. Insuffisant pourtant pour espérer réduire la marque même si Trezeguet ne fut pas loin, dans le dernier quart d’heure.

La maturité tactique de la Belgique, sa sérénité et son jeu délie ont impressionné. Il faudra certainement compter sur elle pour aller chercher une place dans le dernier carré. Ses joueurs, talentueux et disciplinés, n’ont jamais fait preuve d’antijeu ou de violence gratuite.
Mieux, ils ont continué de déployer ce jeu fait de percussion et de passes vers l’avant pour perturber un onze égyptien, totalement amorphe. Et la récompense est intervenue dans le temps additionnel avec ce troisième but inscrit par Marouane Fellaini, conséquence d’un débordement de Michy Batshuayi (ex Marseille) sur Ali Gabr (3-0, 90 +2′).
L’Egypte a donc terminé sa série de matches de préparation par une défaite lourde, qui interroge sur son incapacité à changer quelque chose dans son plan de jeu. Elle n’a inscrit qu’un but, c’était face au Koweit (1-1).

Sans victoire depuis octobre 2017

Défensivement, elle est passé du très solide contre la Colombie (0-0) au très inquiétant contre la Belgique (0-3). Elle a utilisé la quasi intégralité de ses joueurs à disposition, sauf Mohamed Salah, dont tout un pays espère le retour rapide en Russie. Sera-ce contre l’Uruguay d’entrée, ou bien contre la Russie au deuxième match ?
Face à la Belgique, l’Egypte a joué plus durement que d’ordinaire. Conséquence, ses joueurs ont été avertis pour des contacts ou des tacles auxquels elle ne nous a pas habitués.

Les Pharaons  n'ont plus gagné depuis octobre 2017

Les Pharaons n’ont plus gagné depuis octobre 2017

Les Pharaons n’ont plus gagné un match depuis octobre dernier, soit six rencontres et le fait de terminer par une défaite, tout ce qu’il y a de mérité, n’est pas de nature à encourager.
Il devrait obliger en revanche Cuper à revoir ses plans. L’Egypte n’a pas de plan B, elle évolue invariablement de la même façon, prévisible. Jouer en contre a ses limites, on l’a vu à Bruxelles, même si effectivement on a noté un léger mieux sur ce plan par rapport au match précédent contre la Colombie.

Il reste encore une semaine au technicien pour remobiliser ses troupes, retrouver de la fraîcheur, s’adapter à son nouvel environnement et envisager le meilleur onze possible. Avec ou sans Mo Salah contre l’Uruguay, ce ne sera pas la même chose… Son retour et sa présence au quotidien devraient en revanche faire un bien fou moralement à ce groupe en mal de résultats depuis la qualification.
@Samir Farasha