Opposés ce vendredi soir à Sydney, le Japon champion sortant et les étonnants émiratis devraient livrer l’un des matches annoncés parmi les plus spectaculaires du tournoi. Question d’identité de jeu.

A priori, il n’est pas un observateur de la scène asiatique qui n’accorde la moindre chance aux « Blancs » de Mahdi Ali. Une formation moyen-orientale qui a quand même terminé avec deux victoires dans son groupe, et ce juste derrière l’Iran qui a éprouvé mille difficultés à battre ces accrocheurs Emiratis.

Ainsi donc, le Japon de Javier Aguirre serait assuré d’une promenade de santé, sa quatrième de rang, face aux joueurs venus de Dubaï et d’Abu Dhabi, entre autres… C’est vrai pourtant que les Samouraï Blue ont impressionné depuis le 9 janvier. Puissants, rapides, techniques et surtout sans la moindre faille, ils ont fait plier tout ce qui osait se mettre sur leur route.

Mieux, ils n’ont encaissé aucun but contre la Jordanie, l’Iraq et la Palestine, et en ont inscrit sept. A 28 ans, Keisuke Honda n’est jamais apparu aussi fort que lors d’un tournoi international. Il a marqué trois des sept buts nippons, sans jamais paraître forcer son talent.

Keisuke Honda, leader offensif d'un Japon sans complexe @ AFC media channel

Keisuke Honda, leader offensif d’un Japon sans complexe
@ AFC media channel

Les Emiratis, de leur côté, ont offert beaucoup de générosité et de passion dans le jeu. Troisièmes de la dernière Coupe du Golfe à Ryad, ils sont arrivés avec comme unique match de préparation un court succès sur la Jordanie (1-0) de Ray Wilkins, fin décembre. C’était bien peu mais suffisant à l’arrivée.

Dès leur entame de tournoi, le « chevelu » Omar Abdulrahman a subjugué par sa fine technique et son toucher de balle soyeux. Devant, Ali Mabkhout, le goleador d’Al-Jazira (24 ans) a accumulé trois buts. Le Qatar a littéralement volé en éclats (battus 4-1), et Bahrain, si courageux, n’a résisté qu’une mi-temps (2-1).

C’est sans doute dans l’expérience que les Emirats risquent de pécher face à ce Japon au visage d’ogre. Mais Mahdi Ali l’a rappelé, son équipe s’est construit depuis une huitaine d’années dans les compétitions de jeunes, en passant par les JO de Londres. Elle n’est pas arrivée à maturité, mais elle retrouve les quarts après trois éditions terminées dès le 1er tour.

Les quatre derniers face à face sont très favorables au Japon. Victoire en amical en 2012 (1-0), nul en amical en 2008 (1-1), victoire 3-1 en phase de poule à l’Asian Cup 2007. La seule victoire connue des Emiratis remonte à la Kirin Cup 2005 (1-0 à Tokyo). Plus largement, l’histoire des 14 confrontations donne la statistique suivante : 5 victoires nippones, 7 nuls et 2 succès émiratis.

Réponse demain soir au Sydney Stadium, qui devrait vibrer aux échos d’un match probablement plus indécis qu’il n’y paraît, quand on se penche dessus…

 

 
@Samir Farasha, à Sydney