Transféré il y a quelques jours de Wadi Degla à Al-Masry de Port-Saïd, l’international burkinabè Issouf Ouattara a accepté l’invitation de la rédaction de 2022mag de se raconter. En toute simplicité. Rencontre avec un Etalon qui a la bougeotte.

« Issouf, pourquoi avez-vous subitement quitté un club, l’ASEC, avec lequel vous veniez d’être sacré champion, après une carrière qui vous a conduit aux quatre coins de l’Europe ?
Effectivement, j’ai quitté l’ASEC à la fin de la saison dernière. Je m’étais engagé là-bas pour un an afin de repartir de zéro. J’ai longtemps évolué en Europe effectivement mais j’avais besoin de me relancer.

Dans quelles circonstances vous êtes-vous retrouvé en Egypte, un pays que vous ne connaissiez pas?
Dans la foulée de l’ASEC, j’ai reçu trois offres qui émanaient du championnat égyptien : Arab Contractors, ENPPI et Wadi Degla, le club du coach Ahmed Hossam « Mido » que vous connaissez. Il a su me convaincre de le rejoindre à Wadi Degla.

Même si vous ne manquez pas d’expérience, ne craigniez-vous pas de changer d’environnement ?
Avant de venir en Egypte, je ne connaissais pas grand-chose du championnat à vrai dire. J’avais bien des amis qui avaient évolué dans ce pays. Mais honnêtement, ce qui m’a fait basculer, c’est le fait que Mido, l’ancien attaquant de Marseille, m’ait convaincu, je le répète.

Et les choses se sont plutôt bien passées pour vous, sur le plan personnel !
On a fait cinq mois de championnat, mais malheureusement nous n’avons pas obtenu de bons résultats et le coach a été contraint de démissionner. De mon côté, ça ne s’est pas trop mal déroulé puisque j’ai marqué 5 buts en 12 matches. Des clubs se sont renseignés…

 

Issouf Ouattara

Issouf Ouattara

Et vous avez de nouveau pris votre baluchon…
J’ai choisi El-Masry parce que je rejoignais un très grand monsieur, Hossam Hassan, grand joueur et entraîneur du football égyptien, qui a été au panthéon du football africain. Je sais qu’il va m’aider encore à progresser. Il n’y a pas eu de clash avec mon club d’autant qu’il avait besoin d’argent.

C’est-à-dire…
Le club a déboursé 250 000 euros plus deux joueurs. Ce transfert est bon pour moi, tant financièrement que sportivement, puis Masry joue la C2 africaine, et qu’il est bien classé en championnat. C’est un club ambitieux qui vient de disputer la Supercoupe d’Egypte à abou Dhabi contre le Ahly (défaite 1-0, NDLR). Masry termine régulièrement dans le top 5, donc c’est un challenge intéressant.

Pas trop dur de quitter un groupe que vous veniez d’intégrer ?
Je garde un bon souvenir de mes coéquipiers de Wadi qui m’ont bien accueilli et surtout bien aidé à m’adapter. J’espère que ça se passera aussi vite et bien avec Masry.

Vous semblez désormais conquis par ce championnat égyptien qui séduit tant d’étrangers…
C’est l’un des meilleurs championnats africains, et beaucoup de grands joueurs ont évolué ici. L’Egypte compte plusieurs clubs parmi les plus grands du continent. J’ai aussi noté beaucoup de talent dans le championnat local, qui compte encore d’anciens champions d’Afrique comme Hosni Abd Rabo à Ismaïli. Le niveau est bon et si l’Egypte s’est qualifiée pour la Coupe du monde, ce n’est pas dû au hasard.

Issouf Ouattara

Issouf Ouattara

Pensez-vous toujours aux Etalons, votre sélection ?
L’équipe nationale, c’est toujours mon ambition, on fait tout pour aller le plus haut possible. Je prends ma chance pour aller plus haut, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai quitté Wadi. Par rapport à l’équipe nationale, je n’ai pas fermé la porte. Je parle régulièrement avec les Charles Kaboré et Aristide Bancé, je ne peux pas fermer la porte au pays. Tant qu’on pense que je peux apporter quelque chose et qu’on appelle, c’est avec plaisir que je répondrai.

Revenons un instant aux Pharaons et à l’Egypte…
Je crois en l’Egypte, elle peut faire une bonne Coupe du monde vu le talent. Mohamed Salah est l’un des meilleurs joueurs en Europe, ils ont une équipe solide et dans tous les secteurs. Voilà pourquoi ils peuvent créer la surprise selon moi. Je le souhaite et en plus, ils le méritent.

Quand donc vous fixerez-vous quelque part, vous le grand voyageur ?
Mes voyages, le Portugal, la France, la Bulgarie, tout ça, c’est le foot qui veut ça, hein ! Souvent, on peut faire des choix qui influent sur notre carrière. C’est comme ça. Il faut assumer ensuite. Il y a des mauvais choix qui m’ont fait tourner. Mais je suis content de la carrière que j’ai accomplie. Je crois toujours que le meilleur est à venir. On verra bien où tut ça nous mène. »

Propos recueillis par @Samir Farasha