Personne n’aurait parié il y a à peine un an qu’Houssem Aouar serait l’une des révélations du championnat de France et qu’il serait un potentiel lauréat aux trophées UNFP dans la catégorie Espoirs. Arrivé dans un certain anonymat, lors de la préparation estivale 2017 avec le groupe professionnel de l’Olympique de Lyon, le joueur de 19 ans a fait fi de son inexpérience du très haut niveau pour s’imposer progressivement au sein d’un effectif où la concurrence, dans l’entre-jeu, est particulièrement vive.

Une adaptation expresse 

Durant cette année olympienne particulièrement riches en rebondissements, le milieu de terrain polyvalent a su s’adapter tant à l’intensité de la ligue 1 qu’aux exigences tactiques de Bruno Genesio. Le frêle dribbleur du début de saison a fait le job quand il s’est agi d’occuper un poste sur l’aile gauche ou une position axiale reculée dans un milieu à deux récupérateurs. Sans rechigner à la tâche, le gone a compris que pour continuer son apprentissage parmi l’élite, il fallait grappiller le temps de jeu qui lui était accordé. C’est grâce à cette humilité qu’il a gagné le respect de ses partenaires et sa place dans le onze de départ lyonnais.Au final, avec trente deux apparitions en championnat dont vingt sept titularisations, le bilan de l’International tricolore Espoir est largement positif.

Une précocité indéniable

Si l’on décrypte statistiquement l’ascension fulgurante du Franco-algérien, les chiffres laissent clairement entrevoir un phénomène de précocité. Un temps de passage même supérieur aux débuts professionnels sous le même maillot d’un  Karim Benzema ou d’un Nabil Fekir. En comparant les trajectoires des trois joueurs issus du centre de formation, on s’aperçoit que la réalité est plus que flatteuse pour le Bleuet. Ainsi pour son premier exercice complet en Ligue 1, Houss a contre tout attente été crédité d’une plus grande efficacité que ses devanciers. Quand l’attaquant du Real Madrid affichait cinq buts et une passe décisive, lors de de la saison 2006/07, ou que Fekir présentait un maigre bilan d’une réalisation et d’une offrande pour ses coéquipiers (2013/14), la nouvelle coqueluche du Groupama Stadium peut se targuer d’avoir scoré à six reprises et d’avoir distillé quatre assists à ses camarades. Une performance remarquable quand on sait que le joueur n’a pas toujours été placé aux avant-postes pour conclure les actions de ses partenaires.

Houssem Aouar (photo olympiquelyonnais.com)

Houssem Aouar (photo olympiquelyonnais.com)

Un leader en puissance

A à peine 20 ans, il les aura le 30 juin prochain, le jeune milieu polyvalent a donc gagné ses galons de titulaire en faisant preuve de beaucoup de caractère et de maturité. Dans un entretien accordé à  Goal.com  en novembre dernier, le numéro 8 de l’OL a reconnu sa nécessaire métamorphose : «…il a fallu que je durcisse mon je, que je sois plus costaud. Je ne pense pas que cela se joue sur l’aspect physique mais plutôt mental. J’ai bossé pour pouvoir ancrer cette mentalité en moi ». Sa personnalité a d’ailleurs attiré l’oeil de monuments européens que sont Barcelone ou Liverpool. Cet intérêt notamment des Reds, qui le suivent depuis ses vertes années, a fait prendre conscience au président Jean-Michel Aulas qu’il fallait prolonger au plus vite sa pépite, le contrat court actuellement jusqu’en 2020, pour en faire un élément central du projet du club. En attendant de régler cette question administrative, l’année qui s’avance devra être celle de la confirmation. Désormais reconnu par ses pairs, le joueur devra composer avec une pression médiatique et sportive démultipliée. Un probable départ de Nabil Fekir, au prochain mercato estival, serait l’occasion idéale d’asseoir un peu plus ce nouveau statut.

@Nasser Mabrouk