A partir de cette semaine, 2022mag débute une longue série consacrée aux héros d’un jour, entrés dans la légende à l’issue d’un match historique, en club comme en sélection. Nous consacrons l’épisode du jour au Marocain Salaheddine Bassir, l’homme qui a fait tomber l’Ecosse lors de la CDM 1998 en France.

L’AVANT-MATCH. Formé au Raja de Casablanca, c’est naturellement chez les Aigles Verts que Salaheddine Bassir débute dans le métier au tout début des années 1990. A 18 ans, le voici parti d’ailleurs pour une longue carrière de goleador dans son club de cœur. Les statistiques le concernant sont particulièrement flatteuses avec 118 buts en 160 matches officiels. Clairement, Bassir est à classer parmi les grands prédateurs de défense au Maroc. A 24 ans, il effectue enfin son entrée en équipe nationale chez les Lions de l’Atlas, au lendemain d’ailleurs d’une Coupe du monde  1994 au cours de laquelle le Maroc n’a pas brillé aux Etats-Unis.

Bassir lors du Mondial 1998

Bassir lors du Mondial 1998

Mais c’est véritablement à l’arrivée du Français Henri Michel sur le banc que Bassir va commencer à trouver son rythme de croisière. Il inscrira la bagatelle de neuf buts en 1996 et 1997 lors des éliminatoires de la CAN 98 et de la CDM 98. En mai 1998, lors du tournoi Hassan II en prélude à la Coupe du monde, il marque même un doublé contre les Bleus de France (2-2) et futurs champions du monde ! Dès 1996, Bassir a quitté son pays pour répondre aux lucratives propositions saoudiennes du Hilal Ryad. Une saison plus tard, il rejoint le Deportivo la Corogne, qui a fait appel à Noureddine Naybet, son compatriote. Logiquement, il est désigné comme l’avant-centre titulaire du Maroc pour la Coupe du monde, soutenu par Mustapha Hadji.

LE MATCH. S’il ne brille pas pour le match d’ouverture contre la Norvège (2-2) au cours duquel Hadji lui réalise quelques prouesses, il est également du naufrage logique face au Brésil (0-3) à Nantes quelques jours plus tard. Pour espérer se qualifier en huitièmes, le Maroc doit absolument battre l’Ecosse et compter sur une victoire du Brésil contre la Norvège. Rien d’impossible donc. Disputé à Saint-Etienne, cet Ecosse-Maroc sourit aux protégés de feu Henri Michel. Bassir marque très tôt sur passe de Tahar El-Khalej (23e). En tout début de seconde période, Hadda « Camacho » double la mise grâce à Hadji (46e). En fin de rencontre, le Maroc fait le forcing et obtient un troisième but, signé Bassir (3-0, 85e). A cet instant-là, la Norvège vient d’égaliser contre le Brésil qui menait 1-0. A la dernière minute, les Scandinaves obtiennent et transforment le penalty de la victoire (2-1). Le Maroc, avec 4 points, se fait doubler par la Norvège (5 pts) et il est éliminé… Bassir, lui, aura été l’une des satisfactions réelles de la sélection durant ce 1er tour.

Bassir : Deportivo La Corogne

Bassir : Lille OSC

L’APRÈS. Malheureusement pour lui, son passage de quatre ans à la Corogne s’avère improductif : à peine une quarantaine de matches et une poignée de buts… En 2001, il quitte sans bruit l’Espagne pour la France et Lille. Au LOSC, il ne redeviendra pas le buteur exceptionnel qu’il était auparavant, marquant peu. Finalement, amoindri et en perte de confiance, il met un terme à sa carrière à l’été 2003, après une dernière saison vécue en Grèce, à l’Aris Salonique où il aura livré une douzaine de matches… Finalement, il n’y a qu’en sélection nationale où il aura continué de marquer. Au total, et en une soixantaine de capes, Bassir a marqué 25 buts avant de tirer sa révérence après la CAN 2002, non sans avoir participé au tournoi olympique en 2000. Il est le deuxième goleador de l’histoire derrière Ahmed Faras, intouchable avec 45 buts. Un temps conseiller technique du Raja, Bassir a investi dans divers domaines. Il a ouvert un café à Casablanca, et fut aussi juré de l’émission de télé-réalité « Le Pied d’or », qui dénichait de jeunes talents dans le foot local. Bassir demeure évidemment une référence dans le microcosme marocain même s’il n’a pas exercé en tant qu’entraîneur ou consultant pour de grands médias locaux ou du Golfe. Aujourd’hui âgé de 48 ans, son nom et sa légende restent très attachés aux succès du Raja des années 1990-96, sans toutefois avoir remporté la première édition de la Ligue des champions (1997, sous Halilhodzic) puisqu’il était déjà parti pour l’Arabie saoudite…

@Samir Farasha
Vous retrouverez demain le troisième volet de cette série en quinze épisodes. Il sera consacré à la légende algérienne Rabah Madjer et à sa talonnade inoubliable en 1987 lors d’une finale Porto-Bayern en Coupe des clubs champions…