Après deux ans à l’OL, le jeune préparateur physique français Guillaume Vachaud a rejoint les Emirats, où il travaille en compagnie de Patrice Coutard. Il évoque ici et en exclusivité pour www.2022mag.com ses six premiers mois sous la tunique émiratie.

 » Guillaume, depuis quand travaillez-vous aux Emirats ?

« Je suis arrivé aux Emirats depuis six mois et par l’intermédiaire de Patrice (Coutard). Avant, j’ai passé deux saisons à l’Olympique Lyonnais, en L1 française.

Quelles sont vos prérogatives ?

Avec Patrice, je m’occupe des joueurs blessés, des GPS. On travaille en complémentarité.

Est-ce une expérience intéressante ? Le football français ne vous manque pas trop ?

Non, je ne suis pas encore rentré en France, je le ferais en février. C’est un changement de vie très agréable. On travaille uniquement avec les A. C’est quatre à cinq mois de stage par an, et on part sur de très longues périodes. Sachant que quand je suis arrivé en août 2014, on est parti un mois en Autriche. Ce sont des stages qui ne se font en Europe. L’entraîneur aime disposer de ses joueurs plusieurs semaines pour pouvoir être bons sur les matches amicaux ou de compétition.

Comment s’est déroulée votre première mission ?

Donc on est parti en Autriche, on a joué contre la Norvège, super expérience. Ensuite, on a fait un mois en Arabie Saoudite, en novembre, pour la Coupe du Golfe que l’on a terminée troisième. J’ai découvert une compétition que je ne connaissais pas avec énormément de supporters. C’était à Ryad. On a battu Oman pour la 3e place. Et un mois en Australie.

Entre la Coupe du Golfe et l’Asian Cup, que s’est-il passé ?

On est partis le 22 décembre. Nous, on se répartit tous les matches de championnat pour suivre tous les joueurs. Regarder s’il y a des blessés, prendre le temps de jeu de chacun. Le coach est très chiffres, stats. C’est bien, il s’intéresse à tout.

Avant d’être avec les EAU, vous étiez à l’OL…

C’est exact. J’ai travaillé avec Robert Duverne, un ami, c’est lui qui m’a formé. J’ai eu la chance de le rencontrer par l’intermédiaire de son centre de radiatisation pour les joueurs. Ensuite, il m’a permis d’entrer à l’OL, où j’ai travaillé auprès de Rémi Garde et de Robert pendant deux ans. L’expérience de Robert à l’OL et celle de Patrice aux EAU me permettent de progresser chaque jour, de développer de nouvelles compétences.

Votre arrivée aux EAU, c’était une envie ou une fin de contrat ?

Ca a été un désir de ma part, sachant que l’entraîneur Rémi Garde n’a pas souhaité prolonger à l’OL, on l’a su un peu à la dernière minute, au cours d’un stage d’un fin de saison où l’équipe était partie en Corée du Sud à l’invitation du partenaire Hyundaï. Robert a appris tardivement également qu’ils ne souhaitaient plus travailler avec lui. Donc, moi j’avais rencontré le coach Mahdi le coach et Patrice qui étaient venus me voir sur Lyon deux-trois mois avant, par l’intermédiaire de Bafé. J’avais eu une très bonne recommandation. Le coach était venu me rencontrer spécialement à Lyon. Quand Robert n’a pas été prolongé, j’ai eu une phase de réflexion, j’étais en vacances.

Qu’est-ce qui a fait pencher la balance ?

Ce fut une décision dure à prendre par rapport à la famille. J’avais des contacts à l’OL qui souhaitait me prolonger, mais je n’ai pas donné suite. Robert m’a formé, je ne pouvais pas rester non plus auprès d’un nouveau préparateur alors que lui partait. J’ai choisi de partir et je suis content de mon choix. C’est une autre qualité de vie, on travaille beaucoup en stage, ce sont des longues journées mais on a eu une vraie qualité de vie. Ca nous laisse du temps libre. A l’OL la saison passée, on a fait 70 matches. On bossait tous les jours, avec des joueurs blessés.

A l’issue de la Coupe d’Asie, que préparerez-vous ?

On va suivre les matches jusqu’à fin mars. Avant juin, on aura un stage et un match amical contre l’Egypte fin mars et sans doute un deuxième contre un adversaire à déterminer.

Est-ce vraiment gratifiant comme expérience ?

Tout à fait, il y a l’apprentissage d’une nouvelle langue (l’anglais, NDLR), une nouvelle culture, l’arabe au quotidien un peu, on travaille avec des joueurs très pros, qui pourraient selon moi jouer en Europe. Trois ou quatre très bons. Même Hamdan al Kamali, qui a fait six mois à l’OL il y a quelques années, mais il était tombé sur une période de grosse équipe, il est très doué techniquement. Aujourd’hui, il aurait peut-être eu sa chance. A Dubaï, j’ai croisé Dominique Cuperly, un bon ami de Robert Duverne, qui est l’adjoint de Gerets à Al-Jazira. On a fait deux matches dans leur stade et j’ai pu discuter avec lui et le préparateur physique et le coach des gardiens, ce sont des Français. Quelqu’un comme Paul Le Guen en parle avec des mots positifs, même Alain Perrin, il y a un gros respect des coaches français.

Et la vie à Dubaï ?

C’est très agréable à vivre. Il faut venir pour le voir. On se sent en sécurité, j’habite la Marina, dans un quartier où on a l’impression de toujours être en vacances. C’est une vie agréable. Les contrats, c’est autre chose par rapport à la France. Les déplacements sont super pros. Tout le monde est très investi. »

@Samir Farasha, à Sydney