Depuis une semaine, 2022mag consacre une série originale aux grands gardiens de but du football arabe. La septième étape est consacrée au Marocain Badou Zaki, pro en Espagne et héros de la CDM 1986 au Mexique.

Avant lui, en 1986, un seul gardien de but, le Camerounais Thomas Nkono, avait été honoré du Ballon d’or africain décerné par l’hebdomadaire français France Football, et à deux reprises. Né à Sidi Kacem en 1959, Zaki a grandi avec en tête, les exploits de la légende Allal Benkassou, gardien de but des FAR de Rabat mais aussi des Lions de l’Atlas en CDM 1970 puis aux Jeux olympiques de Munich (1972). A 17 ans, Zaki intègre les rangs de l’AS Salé, où il passera deux saisons mais où il est barré par Laâlou. En 1978, le jeune Badou rejoint une grande maison, le Wydad de Casablanca où il va succède à Hazzaz. Durant les huit années qu’il va passer avec le WAC, il remporte deux championnats (1978, 1986) et trois Coupes du Trône (1978, 1979, 1981).

Badou Zaki au Mondial 1986

Badou Zaki au Mondial 1986

A partir de 1979,  Badou Zaki rejoint l’équipe nationale A, engagée aux Jeux méditerranéens en Yougoslavie. Il débute officiellement le 21 septembre 1979 à Zadar, dans l’actuelle Croatie, par un nul contre la Grèce (1-1). Six mois plus tard, le voici au Nigeria pour disputer la CAN 1980. Barré lors du 1er match contre la Guinée (1-1) par Abdellatif Laâlou, celui à cause duquel il avait quitté l’AS Salé, il sera titularisé lors des quatre matches suivants par le sélectionneur, Just Fontaine. Il encaisse deux buts (0-1 contre l’Algérie, 0-1 contre le Nigeria en demie). Et décroche la 3e place contre l’Egypte (2-0). Si le Maroc manque les CAN 1982 et 1984, Zaki, lui, est indéboulonnable. Il remporte les Jeux méditerranéens 1983 contre la Turquie. Il participe également au tournoi olympique 1984 à Los Angeles, affrontant Brésil (0-2) et RFA (0-2). En aout 1985, Zaki (26 ans) affronte l’Irak en finale des Jeux Arabes (0-1). Sa réputation a franchi les frontières de l’Afrique et des pays du Golfe, mais il lui faut encore convaincre l’Europe. Définitivement. 

1986 va justement tout chambouler. Il atteint tout d’abord les demies de la CAN en Egypte mais doit s’incliner de justesse (0-1) face aux Pharaons. Quelques mois plus tard, il se retrouve à la tête des Lions de l’Atlas, de retour en CDM, au Mexique. Vingt ans après la bande à Allal, un signe du destin ! Zaki est imbattable, face à la Pologne et à l’Angleterre (0-0), deux grosses nations. La victoire contre le Portugal (3-1) expédie l’équipe en huitièmes contre la RFA. Malgré la courte élimination (0-1), Zaki y gagne le respect de la planète foot et surtout, un contrat au RCD Majorque. Il y demeurera jusqu’en 1992. 

Maroc 1986

Maroc 1986

Titulaire et indispensable à son club espagnol, Zaki va dès lors quelque peu prendre ses distances avec la sélection nationale durant cette période. A peine douze matches en six ans ! Il y aura l’échec de la CAN 1988 (demi-finale) et le baisser de rideau de Dakar, lors de la CAN 92, après une défaite 0-1 contre le Cameroun. Après Majorque, Zaki termine en roue libre au FUS Rabat.

Agé de 34 ans, il quitte la carrière de gardien pour en embrasser une autre, tout aussi difficile, celle de technicien. Il multiplie les bancs : FUS, Wydad, Salé, Mohammédia, Wydad encore (avec une finale de Coupe de la CAF en 1999), KAC Marrakech, MAS. En 2002, il reprend l’équipe nationale du Maroc, qu’il conduit en finale de la CAN 2004 face à la Tunisie (défaite 2-1). Après l’élimination par ce même adversaire sur la route de la CDM 2006, il démissionne. De 2006 à 2014, il reprend son tour des bancs en club. En 2014, il est rappelé sur le banc de la sélection où il passera un an et demi. Son passage ne débouche sur aucune participation à la CAN. Il sera remplacé par Hervé Renard début 2016. Nommé à la tête du CR Belouizdad fin 2016, Zaki y remporte finalement la Coupe d’Algérie 2017. Depuis, il a repris son baluchon, qu’il a posé successivement à l’Ittihad Tanger (2017), au MC Oran (2018) et au DH El-Jadida (2019).

@Samir Farasha

Demain, vous retrouverez la suite de cette saga consacrée aux gardiens de but avec comme huitième épisode l’Algérien Boubekeur, pro en France puis dernier rempart de l’équipe du FLN.