La finale aller de la Ligue des champions d’Afrique oppose samedi à Borg El-Arab deux géants du football arabe. Avec un avantage psychologique non négligeable pour les Cairotes.

A peine le temps de digérer leurs qualifications respectives en finale, décrochées le week-end dernier, que déjà le Ahly du Caire, le « club du siècle » en Afrique et le Wydad de Casablanca se retrouvent à Borg El-Arab, en périphérie d’Alexandrie pour une finale aller que l’on avait imaginée pour eux dès avant le début de la compétition. Une finale somptueuse entre deux représentants d’Afrique du Nord et du football arabe. La dernière fois que cela s’était produit, c’était en 2012 et le Ahly s’était imposé devant l’Espérance de Tunis.

Spectaculaires et efficaces contre l’Etoile du Sahel (6-2), les Cairotes partent forcément avec les faveurs du pronostic. La démonstration collective dont les joueurs de Hossam El-Badry ont fait preuve contre leurs rivaux tunisiens (Espérance en quart, Etoile en demie) est forcément de nature à les conforter dans leurs statuts de grands favoris de l’édition 2017.

Sacrés pour la dernière fois en 2013, les octuples champions d’Afrique, qui ont commencé leur jolie série un jour de 1982, ne peuvent pas pour autant se reposer sur leurs lauriers. C’est que le WAC de Houcine Ammouta a été l’une des deux formations cette année à la battre dans cette compétition. WAC et Ahly figuraient en effet dans le même groupe et se sont affrontés en juin avec une victoire sur le même score (2-0) pour chacun des deux candidats à la victoire finale.

Al Ahly vise un neuvième titre africain

Al Ahly vise un neuvième titre africain

Le Ahly 2017, s’il ne possède pas nécessairement le jeu plus chatoyant de ses aînés du début des années 2000, quand Aboutreika était encore à la manoeuvre, a ceci de commun avec ses prédécesseurs qu’il est capable de marquer à tout moment. Pas forcément par son Nigérian Junior Ajayi (3 buts quand même), mais plutôt par la petite perle marocaine Walid Azaro. Agé de 21 ans, l’attaquant du Difaâ el-Jadida arrivé en juin compte déjà quatre buts en LDC : un contre l’Espérance en quart et trois lors du dernier match contre l’Etoile. Il sera naturellement l’atout offensif numéro un du Ahly, surveillé de très près par les Wydadis dès qu’il sera dans les seize mètres.

Le Wydad a tout du rescapé dans cette compétition, et son instinct de survie a su le pousser jusqu’à cette finale. Au 1er tour, il avait survécu contre les Gabonais de Mounana en passant par la séance des tirs au but. En quart de finale, il a récidivé aux dépens du champion sortant, les Mamelodi Sundowns sud-africains. Et il a encore montré sa solidité mentale en demie retour face à l’USMA en s’imposant 3-1 alors qu’il était réduit à dix.

Son meilleur buteur, Achraf Bencherki (4 réalisations, dont deux contre l’USMA) figure lui aussi dans le collimateur de clubs étrangers et son duel de pistoleros contre Walid Azaro ne manquera certainement pas de piquant.

Achraf Bencharki  atout offensif du WAC  (photo www.cafonline.com)

Achraf Bencharki atout offensif du WAC (photo www.cafonline.com)

 Les statistiques des six confrontations en LDC entre ces deux cadors sont relativement équilibrées : trois nuls, deux victoires pour le Ahly et une pour le WAC. Le Ahly possède en revanche une expérience des finales africaines unique : dix finales (dont huit remportées). Ses seules défaites remontent à 1983, contre le Kotoko de Kumasi (GHA) et à 2007 contre l’Etoile du Sahel (TUN) qui était venue s’imposer, exploit considérable, 3-1 au Caire. On n’a pas fait mieux depuis…

A quelques heures de cette finale tant attendue, le Ahly possède évidemment un vécu collectif et une expérience rehaussée par la récente qualification des Pharaons pour la Coupe du monde 2018 en Russie. Gare à l’excès de confiance qui habite parfois les Cairotes. Ces derniers auraient tort de négliger, voire de sous-estimer un WAC sacré en 1992 (face au Hilal soudanais) puis finaliste en 2011 (défait 0-0, 1-0 par l’Espérance de Tunis). Les Marocains rêvent d’offrir ce titre continental qui fuit le Maroc depuis… 1999. Le Raja est en effet le dernier club du Royaume à avoir remporté la Ligue des champions (face à l’Espérance).

Qu’est-ce qui pourrait bien ralentir le Wydad, hormis les menaces de suspensions pour la finale retour à Casablanca qui pèsent sur six de ses joueurs, Badr Gadarine, Ibrahim Nekkach, Abdeladim Khadrouf, Mohamed Ounajem, Ismail El Haddad et Abdelatif Noussair ?

Le vainqueur de cette édition empochera 2,5 ME et surtout son billet pour le Mondial des clubs, programmé en décembre aux Emirats Arabes Unis. Le Ahly, qui a participé à plusieurs reprises à cette compétition, termina troisième en 2006.

@Samir Farasha

 

Le Palmarès depuis la création de la Ligue des Champions en 1997

1997 : Raja (MAR), 1998 : ASEC (CIV), 1999 : Raja (MAR), 2000 : Hearts of Oak (GHA), 2001 : Ahly (EGY), 2002 : Zamalek (EGY), 2003 et 2004 : Enyimba (NGA), 2005 et 2006 : Ahly (EGY), 2007 : Etoile du Sahel (TUN), 2008 : Ahly (EGY), 2009 et 2010 : TP Mazembe (RDC), 2011 : Espérance Tunis (TUN), 2012 et 2013 : Ahly (EGY), 2014 : Sétif (ALG), 2015 : TP Mazembe (RDC), 2016 : Mamelodi Sundowns (AFS).