CHAN 2016.Après sa démonstration offensive face au Niger (5-0) lors de la 3e journée des poules, la Tunisie aborde les quarts de finale avec confiance.

 Cinq ans après leur premier sacre au CHAN, c’était au Soudan (2011), les Tunisiens se retrouvent de nouveau en posture favorable pour s’immiscer dans le dernier carré de la compétition rwandaise. Encore que l’obstacle malien paraît compliqué même si les Aigles n’ont brillé que par intermittences : deux nuls contre l’Ouganda (2-2) et la Zambie (0-0), pour une petite victoire contre le Zimbabwe (1-0). Mais la dimension athlétique de l’équipe n’a échappé à personne.Côté tunisien, il aura donc suffi d’un match, le dernier du 1er tour, pour décanter la situation chez nos Aigles de Carthage locaux. Accrochés par la Guinée (2-2) et le Nigeria (1-1), les hommes de Hatem Missaoui se sont libérés au bon moment, contre le Mena de Niger (5-0). Quelques minutes avaient suffi à la perle Saad Bguir pour placer son équipe en tête. Avant que le collectif offre une superbe démonstration, ponctuée de cinq buts au total.

 Cette Tunisie-là, plus joueuse que l’équipe A, est porteuse de belles promesses. Avec 8 buts inscrits, elle fait partie des formations les plus redoutables et les plus craintes de ce CHAN. Elle avance avec des joueurs d’exception comme Ahmed Akaïchi (Etoile du Sahel, 4 buts au CHAN) ou Mohamed Ali Moncer. Alors qu’on craignait il y a quinze jours que l’équipe n’implose physiquement, en raison des cadences imposées par le championnat tunisien, elle a paru de plus en plus affûtée à mesure qu’elle avançait dans la compétition. Son vécu collectif tient autant à la valeur individuelle de joueurs aguerris aux compétitions africaines de clubs qu’aux choix de Missaoui, un adjoint plein d’idées qui pallie avec justesse l’absence du coach Kasperczak, opéré avant le tournoi. En défense, il fait confiance essentiellement aux éléments du CS Sfaxien, emmenés par le gardien Jeridi. Au plan offensif, il dispose de solutions de qualité capables de faire la différence individuellement, ce qui est évidemment un atout majeur lorsqu’on entre dans la phases des matches à élimination directe.

 Ses atouts : culture tactique et expérience des grands événements

 Il y a cinq ans, la victoire du coach Sami Trabelsi, dans le contexte de la Révolution de Jasmin que l’on sait, avait révélé une équipe talentueuse capable de remplacer, partiellement ou en totalité, l’équipe A, celle des pros. Trabelsi avait ensuite été adoubé à la tête des A et avait intégré de nombreux éléments (on pense en premier lieu au si talentueux Youssef Msakni) parce qu’ils possédaient le niveau international. De ce point de vue, la Tunisie, qui est arrivée au CHAN sans tapages, devrait révéler demain après-midi ses ambitions. Celles d’accrocher du métal autour du cou des joueurs. Et pourquoi pas, de succéder à la Libye, dernier vainqueur du CHAN, il y a deux ans en Afrique du Sud. Sur ce qu’elle a montré, l’espoir lui est permis ce dimanche, au stade régional de Nyamirambo, à Kigali. La culture tactique des joueurs et leur grande habitude des compétitions africaines seront des atouts de qualité face à un Mali juvénile mais très solide sur le plan athlétique.

Tunisie - Nigeria ( photo cafoline)

Tunisie – Nigeria ( photo cafoline)

 Après l’élimination des Marocains au 1er tour, non dénués de talent mais sans doute moins compacts et à même de s’accrocher face à des adversaires athlétiques, la Tunisie de Missaoui mérite sa place parmi le concert des huit quart de finalistes. Pour espérer figurer dans le dernier carré, il lui faudra certainement répéter ce qui avait si bien fonctionné contre le Niger. Il y a quelques jours, l’équipe avait emballé la rencontre très vite, parce qu’elle n’avait pas d’autre choix que de s’imposer.

 Face au Mali, elle débutera sans doute un peu plus prudemment, mais devra à un moment donné ressortir quelques-unes de ces combinaisons qui ont fait mouche contre le Niger, on pense à ces beaux décalages dans le jeu. Et puis frapper au but dès qu’elle en aura la possibilité. Elle a évité la Zambie, première du groupe d’où est sorti le Mali, et c’est une chance, compte tenu de ce que les Chipolopolo ont offert au public depuis le début du CHAN. Mais la Tunisie doit franchir ce cap : cela passera forcément par une défense hermétique – encore que le Mali ait peu marqué (trois buts en trois matches) et par un secteur offensif méthodique, précis et efficace.Rendez-vous ce dimanche en début d’après-midi pour, on leur souhaite, une performance de qualité chez les Aigles de Carthage. Ils en ont le potentiel sur le papier, mais en football, tout se règle sur le terrain !

 @Samir Farasha