La CAN U23 et  tournoi préolympique démarre ce vendredi à l’ombre des pyramides. Huit nations, parmi lesquelles l’Egypte, se battent pour les trois places qualificatives pour Tokyo 2020. A vos marques, prêts ? 

Oublier la terrible déception de la dernière CAN, terminée sur l’élimination précoce des Pharaons (en huitième de finale 0-1 par l’Afrique du Sud). Redorer le blason des sélections nationales du pays, sachant que l’Egypte ne participe pas aux éliminatoires du CHAN… Redonner du bonheur au public égyptien, qui vit au rythme d’un quotidien très éprouvant sur le plan politique, économique et social. Voilà la tâche, immense, qui incombe à Shawky Gharib, le sélectionneur de cette jeune troupe.

Présents pour la dernière fois en 2012 lors de l’Olympiade de Londres où ils avaient atteint les quarts de finale -ils étaient alors conduits par un jeune Mohamed Salah-, les Egyptiens ont déjà brillé par le passé dans le tournoi olympique. En 1964, ils en avaient même atteint les demi-finales. Pour espérer revivre de tels moments, il leur faudra nécessairement réussir leur tournoi à la maison, ce qui n’est jamais simple. Le traumatisme de la CAN 2019 n’est pas bien loin, et les Pharaons A continuent de panser leurs blessures… 

Sobhy et les siens auront à cour de faire oublier l'échec de l'équipe A en juillet dernier

Sobhy et les siens auront à cour de faire oublier l’échec de l’équipe A en juillet dernier

En 2015, les Pharaons U23 avaient aussi disputé le tournoi préolympique au Sénégal mais cela reste une énorme déception. Ils avaient terminé bons derniers de leur poule… alors qu’ils étaient dirigés par Hossam El-Badry, récemment nommé à la tête de la sélection A.

L’aventure débute donc dès aujourd’hui par un match contre les Aigles du Mali de Cheick Oumar Koné. Alors que le sélectionneur malien a réussi à rassembler une quinzaine d’expatriés pour espérer accrocher l’une des trois places qualificatives, Shawky Gharib n’a fait appel qu’à des joueurs évoluant dans le championnat national égyptien. Le joueur le plus connu n’est autre que Ramadan Sobhy, prêté cette saison au Ahly par Huddersfield.

Après le Mali, un -déjà- gros morceau, l’Egypte enchainera par le Ghana lundi avant d’en terminer avec le Cameroun entraîné par Rigobert Song, jeudi. Obligation est faite aux Pharaons U23 de terminer à l’une des deux premières places de leur groupe pour disputer les demi-finales.

Le Cameroun U23 pour faire oublier la désillusion des U17 au Mondial brésilien ?

Le Cameroun U23 pour faire oublier la désillusion des U17 au Mondial brésilien ?

Ensuite ? Il faudra soit être en finale, soit remporter le match de classement – ces deux rencontres sont programmées le 22 novembre – pour espérer disputer le tournoi olympique au Japon l’été prochain.

Shawky Gharib sait que ces trois matches seront trois Everest à gravir en l’espace de six jours. Et pour cause, le Mali a écarté le Maroc, le Ghana a sorti l’Algérie et le Cameroun a battu la Tunisie. De sacrés concurrents. « Ceux qu’on affronte méritent tous d’être là. J’ai suivi nos adversaires et leur route pour la qualification » a rappelé le sélectionneur, qui fut en d’autres temps l’adjoint d’un faiseur de rois, Hassan Shehata lors des CAN 2006, 2008 et 2010.

L’Egypte n’est évidemment pas la seule sélection à rêver de l’olympiade en Asie : dans le groupe B, on retrouve le Nigeria, triplé médaillé olympique au football (vainqueur 1996, finaliste 2008 et troisième 2016) vainqueur de la CAN U23 en 2015, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire et l’ambitieuse Zambie. Cette dernière s’appuie sur la génération U20 sacrée championne d’Afrique en 2017. Emmenée par Patson Daka et Enock Mwepu, elle a évidemment un sacré potentiel à faire valoir, sous la direction d’un Beston Chambeshi conscient de la responsabilité qui lui incombe.

Pour ce tournoi, qui court sur une quinzaine de jours, l’Egypte a concentré l’organisation sur une seule ville, et quelle ville : Le Caire. Les matches sont programmés au stade international et stade Al-Salam.

Le 1er tour se disputera entre le 8 et et le 15 novembre. Les demi-finales auront lieu le 19 et la finale -précédée du match de classement- est programmée le 22. Seuls les joueurs nés après le 1er janvier 1997 sont éligibles pour prendre part à ce tournoi. Le plus jeune joueur enregistré est l’attaquant nigérian Ibrahim Sunusi (17 ans) né le 1er octobre 2002.

Les huit sélections engagées sont toutes dirigées par un entraîneur national. Aucun européen, et ce n’est pas anecdotique, n’est présent en qualité de numéro un sur les bancs au Caire, et cela constitue une première.

@Samir Farasha

1re journée (8 et 9 novembre)

Groupe A : Egypte – Mali ; Cameroun – Ghana

Griupe B : Nigeria – Côte d’Ivoire ; Afrique du Sud – Zambie