L’Algérie en bleu de chauffe  s’est qualifiée pour le dernier carré aux forceps  au dépens d’une belle et solide équipe ivoirienne. Les artistes algériens se sont transformés, le temps de 120 minutes,  en tacherons courageux pour s’imposer. 

La dernière fois ou la Côte d’Ivoire et l’Algérie avaient croisé le fer, c’était déjà dans une phase finale de la CAN et c’était déjà dans un quart de finale. En 2015, au Gabon, les Eléphants s’étaient imposés largement face aux Fennecs (3-1) C’était une autre époque. Les deux sélections ont changé. Surtout l’Algérie qui se montre transcendante depuis le début de la compétition au point où elle est habillée par tous observateurs dans la peau du grand favori.

Feghouli sonne la charge

Comme lors des quatre premiers matches, les hommes de Belmadi ont débuté en trombe avec une première action dangereuse mal négociée par Mahrez. Mais dans la foulée, les Ivoiriens ont répliqué violemment  avec  un tir bien enroulé de Max-Alain Gradel qui s’écrase sur le poteau gauche de M’Bolhi. Une première alerte qui pousse les Fennecs à tenter de conserver le ballon  afin de casser la pression adverse  sans oublier de piquer avec des contres. Riyad Mahrez (16′ ) mystifie Bagayoko dans la surface mais son tir du gauche n’est pas assez appuyé et file  juste à côté du poteau droit de Gbohouo. La possession  en faveur des Algériens n’empêche pas les Eléphants de récupérer de bons ballons (par Kodjia notamment )  et de venir inquiéter le portier vert. Le match est tendu entre deux équipes qui se livrent une vrai bataille physique.

Fennecs  2019:  un vrai groupe est né

Fennecs 2019: un vrai groupe est né

Mais le premier coup de Trafalgar sera donné par les Nord-Africains  presque à la demie heure de jeu . Une transversale de Guedioura trouve  le latéral Bensebaini dont le centre tranchant à ras de terre est repris victorieusement par le milieu récupérateur Sofiane Feghouli. 1-0. Une ouverture du score arrachée aux forceps par une Algérie cette fois plus laborieuse que brillante. Mais avec Belmadi, les Algériens ont aussi appris à vêtir le blue de chauffe. Le dernier quart de la première période est haché  avec beaucoup d’accrochages  et de cartons jaunes. Symbolisé par le double coup de sang Zaha – Bensebaini et par le sortie du virevoltant Youssef Atal blessé  (30′) à la clavicule gauche.Victime d’un choc avec  dans la surface de Gbohouo.

Comme contre la Tanzanie et face à  la Guinée, la deuxième période reprend sur un coup de théâtre. Baghdad Bounedjah, que ses coéquipiers ont eu du mal à trouver jusque-là, s’offre un face à face  avec le gardien ivoirien. Pris par son élan, Gbohouo  fauche l’attaquant d’Al Sadd. L’arbitre éthiopien, Bamlak essema, n’hésite pas à désigner le point de penalty. C’est une formidable occasion de tuer le match… ou presque. Hélas pour les Fennecs, Bounedjah le manque. Sa frappe dans l’axe trouve la transversale. Ce qui maintient les protégés d’Ibrahima Kamara dans la course.

L'Algérie au bout du suspens s'offre une demi-finale face au Nigeria ( photo cafonline.com)

L’Algérie au bout du suspens s’offre une demi-finale face au Nigeria ( photo cafonline.com)

Kodjia glace les Fennecs

À partir de cet instant, le match va changer de nature. Les Eléphants montent en puissance et mettent plus qu’à leur tour la cage algérienne en danger. Un tir de Kodjia dans une  angle fermé est contré  vers son propre but par Aïssa Mandi  ce qui oblige  M’Bolhi  à se déployer pour limiter la casse. Mais le portier algérien ne va rien pouvoir faire à l’heure de jeu. Sur un contre ivoirien, le même Kodjia, sans doute l’attaquant le plus dangereux, échappe à Belamri et d’un tir bien senti du gauche trouve le fond des filets de Mbolhi. Un vrai événement dans cette CAN, puisque c’est le premier but encaissé par l’Algérie après 420 minutes de jeu! Un record sans doute dans la compétition continentale. Ce coup du sort va sortir un peu les Fennecs de  la nasse tendue par l’adversaire. S’en suivra alors un temps fort de vingt minutes sanctionné par de belles  occasions de reprendre l’avantage signées Bounedjah (66′), Bensebaini (68′) , Guedioura (80′) et  Riyad Mahrez (69 ») et encore le Citizen  (84′) balancé dans la surface par Gbohouo.

Les larmes de Belmadi

Rien ne sera marqué et les deux équipes vont aller en prolongation dont les premières minutes sont à l’avantage de la bande  à Guedioura sans que la défense ivoirienne ne soit vraiment mise en péril. Les champions d’Afrique 2015 montrent le bout du nez par Gradel (100′). L’Algérie réplique par Slimani qui ne parvient pas a reprendre un super centre de Bennacer (103′).

La deuxième période de la prolongation est au bénéfice des Algériens qui ont cherché le KO. Notamment quand Slimani reprend de la tête un centre de Zeffane et contraint Gbohouo à sortir la balle de la main et  puis sur ce dernier coup franc à l’entrée de la surface qu’Andy Delord, à peine rentré en jeu, n’arrive pas à convertir en balle de match. La séance de tirs au but trouve deux équipes qui se sont battues sans  compter  au point de finir sur les genoux. Insoutenable, le terrible exercice de tirs au but a finalement  souri à l’Algérie (3-4)  et fait couler les larmes de Belmadi sur son banc. Une image que les Algériens n’oublieront pas de sitôt.

@Fayçal Chehat 

Les équipes

Côte d’Ivoire : Gbohouo – Traoré, Kanon (Camara, 54′), Coulibaly, Bagayoko, Ibrahim Gbamin (Jean-Philippe Gamin, 79′) – Die, Kessié – Nicolas Pépé,  Wilfried Zaha (Maxwell Cornet, 94′), Jonathan Kodjia (Wilfried Bony, 96′).  Entraîneur : Ibrahim Kamara
Algérie : M’Bolhi,  Aîssa Mandi, Youcef Atal (Zeffane, 30′), Ramy Bensebaini, Benlamri, Adlène  Guedioura,  Sofiane Feghouli (Andy Delord, 119′) – Riyad Mahrez (Adam  Ounas, 85′), Youssef Belaïli,  Ismael Bennacer, Baghdad Bounedjah (Islam Slimnai, 78′). Entraîneur : Djamel Belmadi