Découvrez 2022mag !Au lendemain d’une Coupe d’Afrique des nations très particulière, le constat est clair : le football nord-africain a souffert et l’avenir proche s’annonce encore plus compliqué. Non pas en raison des éliminations de l’Algérie et de la Tunisie au stade des quarts de finale, mais plutôt en raison des nuages qui s’accumulent à l’horizon.

 EditorialIl y a d’abord ce coup de massue asséné au Maroc par la Confédération africaine de football (CAF). Le pays des Lions de l’Atlas est désormais football non grata jusqu’en 2021. Une catastrophe pour cette puissance historique et incontestable du continent africain. Voilà le Maroc contraint de sacrifier une génération de footballeurs doués sur l’autel d’un réglement de compte sanglant entre la CAF et les autorités politiques chérifiennes. Les seules à avoir pris la décision de reporter la CAN 2015. Ce qui entre dans le cadre de leur souveraineté nationale.

 Ensuite, il y a la Tunisie, elle aussi est dans la lgne de mire des snipers de la Confédération. Pour avoir protesté de façon certes véhémente contre un arbitrage scandaleux qui a coûté à son équipe une place en demi-finale, la Fédération tunisienne esrt sommée de s’excuser ou de payer le prix fort pour ce crime de lèse-majesté. C’est à dire une exclusion des éliminatoires de la CAN 2017 que pourrait organiser son voisin de l’ouest, l’Algérie. Un vrai déchirement pour une équipe tunisienne reconstruite patiemment depuis deux ans et soupçonnée d’avoir un certain potentiel et un soupçon de talent.

 Si l’on tourne les yeux vers l’est de la Tunisie, les nouvelles ne sont pas meilleures. Il s’en faut de beaucoup. La Libye et l’Egypte ont perdu le fil depuis deux ou trois ans. En Libye, la guerre civile a chassé le football et les footballeurs des stades. La sélection nationale est contrainte de se préparer et de jouer hors de son territoire, alors que les compétitions nationales ne sont plus qu’un lointain souvenir.

De son côté, l’Egypte n’en finit pas d’être convalescente. Elle est bien loin de se relever de sa”Revolution”. Le football y est sous surveillance depuis le drame du match El Masry -Al Ahly qui avait provoqué la mort de 74 personnes à Port Said en février 2012. Les matches de la Premier League, notamment, s’y disputent depuis à huis clos. Et le jour où cette sanction (dimanche dernier) a été partiellement levée, la violence a replongé le football égyptien dans un puits sans fond. Les affrontements entre supporters et forces de l’ordre qui ont fait 22 morts et 30 blessés à l’extérieur du stade de l’Académie militaire du Caire qui abritait le match ENPPI-Zamalek auront des conséquences incalculables. Le championnat national est reporté sine die. Et bien sûr, la sélection nationale va payer cash tous ces désordres. Elle qui n’arrive déjà plus à trouver sa place sur le continent après ses trois éliminations successives de la CAN (2012, 2013 et 2015).

 Il reste, à l’extrême ouest, la Mauritanie dont le football accuse encore beaucoup de retard technique et structurel pour espérer gagner une place parmi l’élite continentale dans un avenir raisonnable.

 En conclusion, si la candidature de l’Algérie à l’organisation de la CAN 2017 est retenue, les Fennecs risquent de de retrouver bien seuls à défendre les intérêts du football nord-africain et arabe. Pourvu que ce scénario diabolique ne voit pas le jour.

@Fayçal CHEHAT