Huit ans ans après le Koweit, quatre après l’Irak, mais quatre ans avant l’Arabie Saoudite, les Emirats se qualifient pour le Mondial italien, qui constitue leur « naissance » au plan international. Un terrible fiasco sur le plan sportif dont les Emiratis se relèveront très vite…

Vingt-cinq ans plus tard, certains analystes et observateurs internationaux de la « chose » footballistique font des Emirats 1990 la « pire équipe de l’histoire de la Coupe du monde ». Une appellation injuste pour une nation venue tardivement au football international. La fédération est créée en 1971, elle adhère à la FIFA l’année suivante, et à la Confédération asiatique (AFC) en 1974. Les Emirats ne disputent leur première compétition internationale qu’en 1980, ce sera la Coupe d’Asie et pour un petit tour seulement.

Pour mener à bien l’opération Italie 1990, la fédération charge l’expérimenté Brésilien Mario Zagallo de la campagne éliminatoire. Engagés au 1er tour avec le solide Koweit et le Pakistan, les Emirats terminent en tête de leur poule pour un but (!) devant le Koweit qu’ils ont battu 1-0 après une défaite 3-2. Au deuxième tour, les Emiratis partent en 1989 disputer un tournoi final à Singapour, où se retrouvent quelques nations ambitieuses : la Corée du Sud, mais aussi la Chine, le Qatar ou encore l’Arabie Saoudite. L’équipe dispute cinq matches et n’en remporte qu’un contre la Chine (2-1) pour quatre nuls. Avec six points, elle arrache finalement son billet derrière la Corée du Sud !

Entre temps, Mario Zagallo a laissé l’équipe à son ami et compatriote Carlos Alberto Parreira, qui avait dirigé les Saoudiens lors des éliminatoires de 1990. Ce dernier assemble pour le tournoi un groupe de 22 joueurs, constitués d’éléments d’Al Aïn, Sharjah, Shabab, Khaleej, Al Wasl, Al nasr et al Ahly. Le tirage au sort d’Italie 90 n’a pas été favorable, puisque les Emiratis héritent de la Yougoslavie, de la Colombie et de la RFA, finaliste en 1986.

Le premier match, disputé à Bologne le 9 juin, est logiquement remporté par la Colombie de Carlos Valderrama (2-0). Les Emirats, sans démériter, ont été surpris par la technicité et la mobilité des latino américains. Six jours plus tard, ils débarquent à Milan où, devant plus de 71 000 spectateurs, les Emirats sont littéralement assommés par le jeu explosif et efficace de la RFA (1-5). Mais Khalid Ismail Mubarak, l’attaquant d’Al Nasr, inscrit le premier but de son pays en CM à la 46e alors que son équipe ne compte alors que deux buts de retard. Une mince consolation en vérité. L’équipe est déjà éliminée en vertu des deux défaites concédées, elle se doit de sauver l’honneur lors du 3e match.

Le 19 juin, de retour à Bologne, les Emirats terminent leur tournoi contre la Yougoslavie. Impitoyables, les coéquipiers de Dragan Pixie Stojkovic profitent eux aussi de la naïveté et des largesses défensives d’une formation qui est venue pour découvrir et apprendre. Cette fois, c’est Ali Thani Jum’a, de Sharjah, qui sauve l’honneur, à un moment où les Emirats n’ont que deux buts de retard (1-4).

Derniers de leur poule avec 11 buts encaissés et un zéro pointé en terme de points, les Emirats n’ont pas tout perdu. Certes, ils ont été dominés par tous leurs adversaires, mais le pays cherche aussi à s’installer dans la hiérarchie asiatique. Deux ans plus tard, les Emirats terminent quatrièmes de la Coupe d’Asie. En 1996, ils seront même finalistes de l’épreuve.

Après 1990 pourtant, jamais plus l’équipe ne se qualifiera pour une phase finale de Coupe du monde. Vingt cinq ans après, les héritiers de Ali Thani Jum’a rêvent de retrouver ce tournoi pour y briller cette fois. La génération actuelle, emmenée par les stars Omar Abdulrahman et Ali Mabkhout, récemment troisièmes de l’Asian Cup en Australie, peut résolument y croire pour 2018.
@Samir Farasha

 

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Les trois matches en Italie

9 juin 1990 à Bologne : Colombie – Emirats 2-0

15 juin 1990 à Milan : RFA – Emirats 5-1. But : Khalid Ismail Mubarak (46e)

19 juin 1990 à Bologne : Yougoslavie – Emirats 4-1. But : Ali Thani Juma (52e)