Depuis hier, 2022mag consacre une nouvelle série aux nouvelles pépites du football arabe. Le deuxième  épisode est consacré au défenseur latéral algérien Youcef Atal, sacré champion d’Afrique des nations le 19 juillet 2019 au Caire. 

 Avant de briller de mille feux dès qu’il a déposé ses bagages à Nice en  aout 2018, le défenseur latéral algérien, Youcef Atal a eu un parcours sage et ordonné. D’abord en montrant son potentiel sous les couleurs de son club formateur, le Paradou AC, puis lorsqu’il a rejoint  Courtrai, un modeste club belge de Jupiler Pro League.

Isolé dans la brume du plat pays, coupé du cocon algérien, le feu follet défensif a beaucoup appris même s’il n’a pas fait des étincelles. Ce qui ne l’a pas empêché de taper dans l’oeil des nombreux recruteurs qui sévissent en Belgique. In fine, c’est le club varois qui remporta la mise. Nice était sans doute le meilleur endroit possible pour le jeune Algérien. Il y avait tout pour le séduire et le mettre en confiance: le climat méditerranéen, la ferveur populaire, un entraineur prometteur, Patrick Vieira, et des dirigeants ambitieux ayant pour projet d’installer de façon durable les Rouge et Noir dans le top 5 français. En attendant mieux.

De son côté, l’entraîneur Patrick Vieira, arrivé au club quelques semaines  avant l’Algérien, s’est montré plus que conquis:  » Il est en train de grandir, avait confié l’ancien milieu de terrain de la Juventus et de l’équipe de France, il faut qu’il progresse  sur le plan tactique  et défensif  pour être plus performant ». Des louanges jamais démenties, car le défenseur de poche a régalé son équipe, ses supporters et toute la Ligue 1 en réalisant des sorties époustouflantes durant la saison 2018-2019. En marquant des buts (7) et en étant élu  cinq reprises meilleur joueur niçois du mois.

 En avril 2019, il frappe fort en inscrivant un triplé face à Guingamp (3-0). Une semaine  plus tard, il réalise une performance hors-normes face au Paris SG au Parc des Princes Certes, le Fennec n’a pas marqué, mais il a perturbé l’arrière-garde parisienne, le solide  espagnol Bernat notamment, et séduit l’exigeant  public francilien. Tout s’affole autour de lui. Médias et observateurs se demandent si l’OGC Nice a les épaules larges pour faire face à la concurrence qui se dessine  Selon la rumeur qui précède le mercato les présumés  prétendants piaffent  d’impatience. Sont cités, pêle-mêle :  le FC Séville, l’Inter Milan, Chelsea, le Bayern Munich…voire le Paris SG. In fine , le club varois, racheté par un milliardaire anglais, coupa court à toutes les spéculation

Atal, sorti sur blessure en quart de finale de la CAN  face à la Côte d'Ivoire

Atal, sorti sur blessure en quart de finale de la CAN face à la Côte d’Ivoire

Et l »équipe nationale algérienne dans tout ça ? C’est sous le court et chaotique règne de l’Espagnol Lucas Alcaraz que le diamant mal taillé encore fit ses débuts. Il a accumulé cinq sélections entre juin et octobre 2017. Un passage sans relief dans une sélection malade et en échec.  Ensuite, l »arrivée incongrue de  Rabah Madjer sur le banc n’a pas arrangé les choses. Le champion d’Europe 1987 ignora ostensiblement le talentueux latéral. Zéro sélection.  Atal a dû attendre l’arrivée au pouvoir de Djamel Belmadi pour être apprécié à sa juste valeur. Premier match de la nouvelle ère  face au  Bénin  en match officiel  à Blida et première illumination.  

Unknown-2Aligné à la place d’Aissa Mandi, Atal  réalise ce jour-là une prestation de haut vol. C’est le début d’une grande aventure. Le néo-niçois ne quittera plus son poste et sera un élément important de la victoire finale en Coupe d’Afrique des nations, même s’il fut contraint de laisser se place en demie et en finale après avoir été gravement blessé à l’omoplate en quarts de  finale face à la Côte d’ivoire.

Ce  coup d’arrêt  sera suivi d’un autre dès le début de la saison 2019-2020 . En effet, suite à une lésion méniscale du genou contractée  face au FC Metz ( 4-1) lors de la 16ème journée de Ligue 1, l’international algérien  est fauché en pleine ascension. Cinq mois d’absence. Et au moment, où il devait retrouver les pelouses, c’est la pandémie du coronavirus qui l’empêche de reprendre le fil de ses exploits. Mais il reviendra sans doute pus fort et plus ambitieux en 2020-2021 au sein d’une équipe de Nice qui a validé son billet pour l’Europa League.

@Fayçal Chehat