Après une longue attente, les demi-finales aller de la Ligue des champions d’Afrique se disputent ce week-end. Un double duel égypto-marocain avec Wydad-Ahly samedi, et Raja-Zamalek dimanche.

Sept mois. Sept longs mois séparent ces demi-finales aller de la LDC africaine des quarts de finale retour. Un gap lié, évidemment, à la pandémie de Covid-19 qui frappe la planète. Plusieurs fois reprogrammés, les matches du dernier carré continental vont enfin pouvoir se disputer, au grand bonheur du public africain mais aussi de la CAF, qui n’a pas envisagé d’annuler les éditions 2010 de ses deux compétitions de clubs.

Champions League africaine

Cette année, plus encore que les précédentes, le plateau est alléchant. Avec quatre représentants nord-africains, et par conséquent, du football arabe, la couronne continentale est assurée d’aller soit à un club marocain (Raja ou Wydad), soit à un représentant égyptien (Ahly ou Zamalek).

La première demie oppose ce samedi soir deux formations qui se connaissent très bien pour s’être affrontées à huit reprises déjà depuis 2011. Le bilan des matches Wydad-Ahly est pour le moins équilibré avec deux victoires chacun, et quatre matches nuls. Les deux clubs se sont croisés pour la dernière fois à l’automne 2017 en finale de la LDC, et le Wydad l’avait emporté (0-0 à l’aller, 1-0 au retour).

Pitso Mosimane  (connait très bien le football marocain

Pitso Mosimane (connait très bien le football marocain

Au moment de s’affronter, leur situation actuelle diffère à peine. Le Ahly a été sacré champion 2020 quelques journées avant la fin du championnat égyptien. Avec 18 longueurs d’avance sur le Zamalek, il ne pouvait plus être rattrapé. Si le titre a été acquis sous la direction technique du Suisse René Weiller, l’homme qui a conduit les Diables rouges jusqu’en demi-finale de la LDC n’est plus en poste depuis. Remplacé par l’expérimenté Sud-africain Pitso Mosimane, arrivé des Mamelodi Sundowns, ce dernier a battu dans un passé très récent le Ahly mais aussi le Wydad ! Un maitre tacticien donc qui présente un profil original et bien différent pour le club ahlaoui, qui court après la couronne suprême depuis 2013. Sera-t-il en capacité d’offrir ce titre qu’il a lui-même déjà remporté en 2016 ? Cela passe nécessairement par une grosse performance à Casablanca. Lors de ses dernières quatre sorties à l’extérieur, le Ahly ne s’est jamais imposé (trois nuls, une défaite).

Du côté du Wydad, on sort d’une immense déception puisque le club du président Saïd Naciri a laissé filer il y a quelques jours le titre national du côté du Raja. Au club, on ne peut se contenter d’une deuxième place en Botola. Du coup, la LDC africaine prend toute son importance pour le WAC, dont le dernier titre remonte à 2017… justement face au Ahly ! Sur le plan technique, la saison 2019-2020 a encore été marquée par une forte instabilité puisque pas moins de quatre techniciens se sont succédés sur le banc : Zoran Manojlovic jusqu’en janvier 2020, puis un court intérim de deux mois par le Français Sébastien Desabre avant l’arrivée de l’Espagnol Juan Carlos Garrido en février – un ancien coach du Ahly ! – remplacé il y a quelques semaines (début septembre) par l’Argentin Miguel Angel Gamondi, qui s’est forgé une belle carte de visite en Afrique en deux décennies, et notamment au Maroc avec le Hassania Agadir. Il a déjà fait partie d’un encadrement du WAC, c’était en 2002 et à l’époque, Gamondi était l’adjoint du regretté Oscar Fullone. Gamondi s’est engagé à la base pour trois ans et demi en qualité de directeur technique, mais c’est bien lui qui dirige le onze wydadi. Saura-t-il piéger le Ahly ? Son onze ne manque pas de talent ni d’expérience avec Walid El-Karti, Badi Aouk, Ismail El-Haddad ou encore les Ivoiriens Cheick Comara et Laurent Gbagbo Magbi. 

Le Raja vise le doublé  Botola - LDC

Le Raja vise le doublé Botola – LDC

Programmée ce dimanche à Casa, l’autre demi-finale oppose le Raja au Zamalek. Le club casablancais, fraîchement sacré champion marocain 2020, nage en plein bonheur sous la direction de Jamal Sellami, et n’envisage pas un instant une élimination par les Chevaliers blancs du football égyptien entraînés par le Portugais Jaime Pacheco. Ce dernier succède au Français Patrice Carteron parti voici peu en Arabie Saoudite. 

Le Raja et le Zamalek se connaissent bien mais se fréquentent peu en oppositions directes : à peine deux matches, en LDC 2002. Mais c’était en finale et après un nul 0-0 à Casa, le Zamalek l’avait emporté 1-0 au retour. Des duels anciens donc. Le Zamalek reste sur une victoire lundi en championnat aux dépens des Haras El-Hodoud (2-1) à Alexandrie. Le Raja, lui, n’a plus joué depuis le match du titre, dimanche passé, un succès 2-1 face aux FAR Rabat. 

Pour rappel, le Zamalek a déjà remporté un titre en 2020 : la Supercoupe d’Afrique en février à Doha, aux dépens de l’Espérance de Tunis (3-1). Le Zamalek est également le tenant de la Coupe de la Confédération, décrochée en 2019 face à la Renaissance de Berkane.

 Le but d'Achraf Bencharki n'a pas suffi au Zamalek

Achraf Bencharki aura-til le sourire  dimanche soir ?

Au Raja, la confiance est de mise, compte tenu de la richesse de l’effectif, qui a notamment écarté le TP Mazembe au tour précédent. De Zniti, le gardien de but international, à Fabrice Ngah le latéral camerounais, en passant par Badr Benoun, Moutouali, Hafidi, Fabrice Ngoma (RDC) ou encore Sofiane Rahimi, les Aigles Verts ont pleinement la capacité à bien défendre si besoin est, mais aussi à procéder par des attaques rapides avec le Congolais (RDC) Ben Malango.

Le Zamalek s’appuie de son côté sur un groupe très expérimenté sur la scène continentale et conduit par le capitaine et défenseur Mahmoud Alaa. Il comptera aussi sur les Marocains Mohamed Ounnajem et Achraf Bencharki, les anciens attaquants du Wydad, mais aussi avec le Tunisien Ferjani Sassi. 

Selon le règlement de la compétition, une prolongation aura lieu au match retour en cas d’égalité parfaite, et éventuellement, une séance de tirs au but. Rappelons que la finale de cette LDC, programmée le 6 novembre, aura lieu sur une seule rencontre.

@Samir Farasha