Finalistes de la Ligue des champions d’Afrique, les deux géants cairotes s’affrontent pour un match historique et inédit à ce niveau. 

Huit titres d’un côté (Ahly), cinq de l’autre ( Zamalek ). Et jamais rassasiés. Le Ahly court après la couronne continentale depuis 2013, et son frère ennemi n’a plus connu l’extase de la remporter depuis 2002. C’est un incroyable destin qui a conduit ces cadors égyptiens, africains et arabes à se retrouver ensemble sur la plus haute marche pour se disputer la première finale continentale sur un seul match.

La saison aura été longue puisqu’elle a débuté en août 2019, et qu’elle aura dû jouer la prolongation en raison de la pandémie de COvid-19. Un virus qui privera tout à l’heure les deux clubs de trois joueurs chacun, tous testés positifs.

Jaime Moreira Pacheco

Jaime Moreira Pacheco est revenu au Zamalek six ans après un bref passage

Le Zamalek, cette saison, est l’un des rares clubs à avoir battu à la régulière (3-1, en aout) ce Ahly un peu trop sûr de ses forces. Mais c’était sous la direction de Patrice Carteron, parti quelques semaines plus tard et remplacé depuis par le Portugais Jaime Pacheco. Qui présente un bilan propre : 7 matches, 6 victoires et un nul. Le Ahly, à l’époque de ce revers, était dirigé par le Suisse René Weiler, parti lui aussi et remplacé par le Sud-africain Pitso Mosimane. Dont le bilan est identique à son homologue zamalkaoui : 7 matches, 6 victoires et un nul. Ce ne sera pas cependant le premier derby de Pacheco qui a déjà dirigé le Zamalek quelques mois il y a six ans.

Mosimane, justement, a été recruté parce qu’il a battu ce Zamalek en finale avec son ancien club, Mamelodi Sundowns, en 2016. Il avait aussi giflé le Ahly avec le club de Pretoria, deux ans plus tard ! 

Les deux clubs, qui ont l’habitude de se disputer l’hégémonie nationale à travers le championnat et la coupe, vont pour la première fois en découdre en finale africaine. Mais ce n’est pas la première fois qu’ils s’affronteront en LDC, en poule, en quart ou en demie. Ils l’ont déjà fait une huitaine de fois et le Ahly n’a jamais perdu ou été éliminé dans ces confrontations…

Pitso Mosimane, est arrivé au Ahly il ya deux mois

Pitso Mosimane, est arrivé au Ahly il ya deux mois

Longtemps, les supporters des Diables Rouges et des Chevaliers Blancs ont espéré que cette finale se disputerait avec du public, on évoquait même une jauge de 10 000 spectateurs au stade international du Caire. La CAF a tranché et ce choc se jouera à huis clos. Avec un président de la CAF intérimaire – le vice-président Constant Omari – puisque Ahmad Ahmad est suspendu depuis lundi par décision de la commission d’éthique de la FIFA pour une durée de cinq ans, décision dont il devrait faire appel auprès du TAS…

En attendant, le Ahly est bien décidé à poursuivre cette saison de conquêtes – vainqueur du championnat, en demie de la Coupe nationale – alors que le Zamalek, son dauphin en championnat, a remporté la Supercoupe et la Supercoupe d’Afrique, après avoir conquis la Coupe de la Confédération 2019. Ces deux insatiables, pour autant, disposent d’effectifs épuisés par une fin de saison disputée au pas de charge (sur trois mois) et affectés par la Covid, également sollicités voici peu par les éliminatoires de la CAN 2021 puisqu’une dizaine de joueurs appelés chez les Pharaons sont issus de ces deux clubs. Comme on a coutume de dire, que le meilleur gagne ! En espérant naturellement que ce match au sommet offre un spectacle digne de cette finale si attendue…

@Samir Farasha