On aurait aimé retenir la victoire facile des Black Stars aux dépens du Nzalang Nacional dans cette deuxième demi-finale, jouée à Malabo. A l’arrivée, le succès (3-0) est passé au second plan après les terribles scènes vécues dans les tribunes et autour du terrain.

 

Sur le terrain justement, les Ghanéens, privés de leur capitaine Asamoah Gyan toujours blessé au pied, ont ouvert la marque sur un penalty de Jordan Ayew, consécutif à une sortie dangereuse du gardien Ovono sur Appiah (1-0, 42e).

Dans le temps additionnel de cette mi-temps, le Ghana menait un contre rapide à trois, à la suite d’un corner adverse, et c’est Wakaso qui concluait l’action (2-0, 45e+2).

Nanti de deux buts d’avance, le Ghana a ensuite géré à l’ivoirienne. Enervés, stressés, les Equatoguinéens réagissaient de façon brouillonne, et ne retrouvaient l’allant offensif des matches précédents.

Au contraire, sa naïveté permettait de profiter d’une sortie au pied ratée du jeune gardien Ovono, récupérée par Kwesi Appiah côté gauche de la surface, dont la passe trouvait Andre Ayew. Le Marseillais taclait le ballon et marquait à bout portant (3-0, 75e).

Après ce but, le match devenait accessoire car l’action, malheureusement, se passait en tribunes. Les supporters ghanéens, quelques centaines parqués dans un coin de tribune, faisaient l’objet de menaces de la part d’une frange du public qui lui balançait bouteilles, assiettes, bouts de miroir, cailloux, etc.

Effrayés, les Ghanéens quittaient la tribune et descendaient se parquer derrière le but équatoguinéen, sous le regard de quelques stadiers et coincés par la police locale.

Le match s’arrêtait à la 82e après que l’arbitre ait perçu l’ampleur du problème. Les objets continuaient de s’abattre autour du terrain, visant Ghanéens et banc des Black Stars.

Les joueurs équatoguinéens appelaient au calme et à la retenue pour finir la finale, en vain. Ils ramassaient et évacuaient eux-mêmes certains objets. Au dessus du stade, scène incroyable, un hélicoptère tournoyait.

La police, selon la radio RFI, utilisait les gaz lacrymogènes pour disperser ceux restés dans une des tribunes. Les supporters ghanéens étaient peu à peu exfiltrés du stade par l’entrée principale, certains blessés aux dires d’Andre Ayew.

Après près d’une demi-heure d’arrêt, l’arbitre gabonais Otogo faisait reprendre. Il restait huit minutes, mais il n’en fit jouer que… trois.

Une fin de match totalement gâchée et une sortie ratée pour le Nzalang qui méritait mieux de la part des supporters. Le Ghana, de son côté, s’inquiétait pour ses supporters blessés.

A l’arrivée, le Ghana rejoint la Côte d’Ivoire pour une finale de 30e CAN 100% ouest-africaine. Ils s’étaient déjà affrontés à ce niveau à Dakar en 1992, finale restée célèbre en raison de son final aux tirs au but.

Guinée Equatoriale et RDC disputeront la veille de ce sommet continental la petite finale samedi. Dans quel stade, cela reste à voir.

Question : la CAF, si prompte à vouloir punir la Tunisie, prendra –t-elle des sanctions à l’égard de la Fédération équatoguinéenne, à l’issue de ces débordements inquiétants, relayés par la presse internationale, et qui ont singulièrement terni un tournoi jusque là festif ?

 

 

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