Tenu en échec chez lui à l’aller le 7 novembre par le Guangzhou Evergrande (0-0), le club émirati du Ahli se déplace à Canton avec comme idée d’y réaliser un exploit. Succèdera-t-il ce samedi au Western Sydney Wanderers australiens, sacré l’an passé ?

 Cosmin Olaroiu connaît bien le football et ses montagnes russes. Mieux, il s’en délecte, comme tout technicien chevronné. Appelé à la dernière minute sur le banc de l’Arabie Saoudite en début d’année afin de conduire le pays à une victoire à la CAN asiatique, il avait vu sa mission se terminer dès le 1er tour, éliminé par l’Ouzbékistan lors du dernier match du groupe.

De retour dans son club du Ahli, qui l’avait libéré quelques semaines plus tôt pour la bonne cause, le Roumain a repris sa course en avant. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les choses se passent plutôt bien pour lui puisque le Ahli est deuxième du championnat avec 15 points, trois longueurs derrière Al-Aïn, mais avec deux matches de retard. Reste que la priorité du moment, c’est bien entendu cette finale retour d’AFC Champions League. Il suffit d’un nul – avec des buts – pour que le club émirati s’offre un billet en première classe pour la Coupe du monde des clubs de la FIFA programmée le mois prochain au Japon, après deux années du côté du Maroc.

 Depuis le 19 août, ce Ahli est un ogre : invaincu toutes compétitions confondues, il n’a encaissé que douze buts sur cette période de 19 matches. Impressionnant. La confiance règne donc dans les rangs des Emiratis, d’autant que leur capitaine, l’international Ahmed Khalil, est actuellement en pleine forme comme le prouvent les cinq buts qu’il a inscrits ces derniers jours en sélection face au Timor Oriental et à la Malaisie. Khalil est le deuxième meilleur buteur de la compétition avec six buts, soit deux de moins que le Brésilien Ricardo Goulart (Guanghzou).

 Pour se hisser jusqu’en finale, la bande à Olaroiu a disputé un authentique marathon qui pourrait presque faire passer une Ligue des champions d’Afrique pour un aimable divertissement. Jugez plutôt : douze matches pour se hisser en finale contre des adversaires tels que le Ahli saoudien, Traktor Sazi (Iran), les Ouzbeks de Nasaf, son grand rival national Al-Aïn, Naft Teheran (Iran) et le Hilal Ryadh saoudien. Bilan avant la finale aller : 5 victoires, 5 nuls et 2 défaites, concédées par seulement un but d’écart.

Cosmin-Olaroiu aimerait rejoindre Al Ain dans le palmarès asiatique

Cosmin-Olaroiu aimerait rejoindre Al Ain dans le palmarès asiatique

 Pour s’imposer en Chine face au Guanghzou Evergrande entraîné par l’expérimenté brésilien Luis Felipe Scolari, Olaroiu dispose d’attaquants de qualité comme le Sénégalais Moussa Sow (ex-Lille et Fenerbahçe) et surtout le Brésilien Lima (32 ans), recruté cet été au Benfica, auteur de 14 buts pour le club toutes compétitions confondues. Son compatriote Everton Ribeiro (ex Cruzeiro), à la manœuvre au milieu, fait également partie des éléments à surveiller pour Guanghzou. L’autre vedette est le Marocain Oussama Assaidi, venu de Liverpool, mais qui tarde à trouver sa vitesse de croisière. Le milieu coréen Kyung Won-Kwon complète la liste des expatriés. L’enjeu est considérable pour le Ahli, vierge de tout titre continental, puisque la seule et unique victoire émiratie en LDC asiatique est à mettre au crédit de son plus grand rival national, Al-Aïn, vainqueur en 2003 et finaliste en 2005. Guanghzou, lui, a déjà remporté la compétition en 2013 face au FC Séoul, sous la direction de Marcello Lippi. Evidemment, les Emiratis ne partent pas favoris de cette ultime confrontation.

 Mais les statistiques plaident en leur faveur cette année. Sur leurs six précédents déplacements en LDC, ils ont décroché 2 victoires et 2 nuls. Nul doute que Cosmin Olaroiu a déjà pensé à mettre en place une équipe de contres qui saura profiter des espaces laissés par son adversaire pour placer quelques banderilles au Tianhe Sport Centre de Canton. Ancien du Hilal saoudien, d’Al-Sadd (QAT) puis d’Al-Aïn avant de rejoindre le Ahli en 2013, Cosmin Olaroiu (46 ans) continue fermement de croire aux chances de son groupe : « Notre objectif était de ne pas concéder de but à l’aller, et cela a été fait. Maintenant, on sait que si l’on marque, on aura fait un grand pas vers la victoire. » Pour sa cinquième participation après 2003, 2005, 2009, 2010 et 2014, le club émirati est bien décidé à entrer dans l’histoire. Réponse samedi après-midi…

 @ Samir Farasha