Une semaine après avoir passé le grand oral à Bruxelles devant le congrès de l’AIPS (association internationale des journalistes de sports), le Maroc continue de parcourir l’Europe pour promouvoir sa candidature à l’organisation du Mondial 2026 .

A quelques semaines du vote de la FIFA pour l’attribution du premier mondial à 48 équipes, le 13 juin prochain à Moscou, c’est à Paris que s’est poursuivie, mardi 15 mai, la campagne de communication autour du dossier marocain. Impulsé par le député La République En Marche Mustapha Laabid, par ailleurs président de l’imposant groupe d’amitié France-Maroc (135 membres), l ‘événement a rassemblé diverses personnalités aux rangs desquels figuraient Moulay Hafid Elalamy, président du comité d’organisation de la coupe du monde, Chakib Benmoussa, ambassadeur du Maroc en France, Gilles Pargneaux, euro-député, Christian Cambon, président de la commission des affaires étrangères du Sénat, Pascal Boniface, géopolitologue ou encore Yacine Belattar, l’humoriste. Sous les lambris dorés du magnifique hôtel de Lassay, après les discours liminaires de circonstance, l’allocution la plus attendue était celle du ministre Elalamy (industrie, investissement,économie numérique…).

Maroc 2026

Maroc 2026

Avec enthousiasme et malice, l’ex- responsable du patronat marocain a tenu à rappeler la légitimité de son pays à concourir. « Nous sommes une nation footballistique et une terre de tolérance.Nous pouvons faire une coupe du monde d’exception car la question de la sécurité n’est plus à démontrer. C’est un vrai combat que nous menons avec l’esprit sportif.Nous allons le gagner ou le perdre mais dignement ». Puis d’énumérer les avantages de la candidature chérifienne : « Notre position géographique nous permet de couvrir un maximum de pays et les distances entre les villes sont réduites. L’offre marocaine est par ailleurs accessible à toutes les bourses. Nous avons également innové dans la conception de stades modulables qui seront ré-exploités pour 10 villes marocaines et 10 autres africaines. En ce qui concerne les profits potentiels pour la FIFA , ils sont estimés à 5 milliards de dollars. C’est donc un projet utile, opérationnel et raisonnablement couteux ». De son coté, son excellence Chakib Benmoussa s’est montré satisfait des nombreux appuis dont dispose son pays. « La candidature du Maroc dépasse nos frontières pour intéresser l’Afrique, l’Europe et bien au delà. J’adresse mes remerciements à la France, aux nombreux soutiens bilatéraux ainsi qu’à l’Europe, à la Confédration Africaine de Football, à la Ligue Arabe ou à l’Organisation de la Conférence Islamique», s’est félicité le diplomate.

La maquette du Stade d'Oujda

La maquette du Stade d’Oujda

Connu pour sa passion pour le ballon rond, Pascal Boniface a quant à lui défendu avec force conviction le dossier du représentant africain. L’expert en relations internationales a décidé de placer son propos sur le terrain de la politique et de l’équité. « Le Maroc possède l’avantage d’être un pays arabe, africain et musulman et proche de l’occident. C’est aussi une certaine idée de la morale et de l’ordre mondial. Il faut que le monde du sport se multipolarise. Ce n’est pas normal qu’une oligarchie de pays organise la coupe du monde. ». Et de conclure par un tacle bien senti à l’endroit du Président américain : « Peut on accueillir le monde entier quand on crache sur le monde entier?  Finalement , je me demande si Trump n’est pas le meilleur avocat de la candidature marocaine? ».

@Nasser Mabrouk