Patients et disciplinés, les Lions de l’Atlas se sont imposés avec style (3-0) face à un Gabon bien faible. Les voici positionnés devant la Côte-d’Ivoire, où ils se rendent le mois prochain pour la finale du groupe…

C’est une de ces soirées que l’on n’oublie pas, des années plus tard. Parce que l’ambiance fut électrique à Casablanca pour ce choc contre le Gabon de Pierre-Emerick Aubameyang, et que les débats sur le terrain furent disputés et parfois spectaculaires.

Deuxièmes à deux points de la Côte d’Ivoire avant la rencontre, les Marocains ont certainement apprécié le coup de pouce donné par le Mali vendredi soir à Bamako. Un mois après avoir accroché ce Maroc (0-0), les Aigles ont en effet contraint les Eléphants ivoiriens au match nul (0-0) et furent même tout proches de s’imposer.

Samedi soir, devant un public chauffé à blanc, « Oussoud al-Atlas » ont fait preuve de patience, de discipline défensive mais aussi d’efficacité quand il le fallait. Conséquence logique d’une domination totale des débats, le Maroc a ouvert la marque en fin de première période. Une action dans le couloir gauche, puis un centre d’Amrabat pour la tête de Khalid Boutaïb. L’ancien attaquant de Strasbourg et du Gazélec, désormais à Yeni Malatyaspor (TUR), marque son deuxième but en sélection après celui contre le Mali en septembre (6-0).

Les Lions de l'Atlas

Les Lions de l’Atlas

Des Panthères débordées

De retour en seconde période, les Marocains repartent avec l’intention de rapidement doubler leur avantage. Le gardien Bitseki écarte d’un réflexe une frappe d’Amrabat, l’un des Lions les plus dangereux samedi soir. Cinq minutes plus tard, le jeune latéral gauche du Real Madrid Ashraf Hakimi lance Boussoufa dans son couloir. Ce dernier sert en retrait Boutaïb, qui ajuste d’un plat du pied au premier poteau le gardien Bitseki (2-0, 56e). Le Gabon est KO, le Maroc sur un nuage !

Après l’heure de jeu, les Panthères du Gabon sortent enfin le nez de l’eau. De façon désordonnée certes, mais pas suffisamment pour inquiéter une défense marocaine qui, rappelons-le, n’a toujours pas encaissé le moindre but en cinq rencontres dans cette phase de poule.

Assis sur son banc, Jose Antonio Camacho, le sélectionneur espagnol du Gabon, apparaît totalement perdu, comme sans réaction. Et il le sera encore un peu plus quelques instants plus tard lorsque Nordin Amrabat, intenable, centre côté droit pour Boutaïb, dont la reprise instantanée du gauche au point de penalty termine dans la lucarne de Bitseki (3-0, 72e).

Amrabat, qui a quitté lors du dernier mercato Watford pour la Liga et Leganes, ne semble pas avoir trop mal digéré ce départ en Espagne. Et il rayonne totalement dans ce couloir droit, en alter ego parfait à Boussoufa qui lui, dézone souvent pour venir s’éclater de l’autre côté. Seul le talentueux Ziyech, pour une fois un plus axial, n’aura pas connu la même réussite.

Symboliquement, Renard fait sortir Amrabat à la dernière minute du temps réglementaire et offre à Amine Harit (Schalke 04) sa première cape officielle avec le maillot marocain, sous les applaudissements du public du stade Mohamed V.

Désormais seul en tête du groupe, avec un point d’avance sur la Côte d’Ivoire, le Maroc a un mois avant d’envisager son déplacement à Abidjan. Pour la finale de cette poule. Les protégés d’Hervé Renard, qui a remporté la CAN 2015 avec les Eléphants ivoiriens, peuvent se contenter d’un nul au bord de la lagune Ebrié, pour valider leur billet pour Russie 2018. Et mettre fin à vingt ans d’attente, leur dernière participation à une Coupe du monde remontant à France 1998. Le coach de l’époque était aussi un Français : Henri Michel, et ce dernier partage avec Renard un autre point commun. Les deux hommes ont en effet dirigé tous deux la Côte d’Ivoire…

@Samir Farasha