Entraîneur du Hilal soudanais depuis quelques semaines, le technicien sénégalais passé par le TP Mazembe a accepté de nous raconter sa nouvelle aventure. Une exclusivité 2022mag.

 » Lamine, après le Cotonsport (CAM), le MAS de Fès (MAR), la RDC (Mazembe) et le Congo (Léopards de Dolisie), vous voici dans un nouveau championnat, le Soudan…                      Effectivement, je suis arrivé à Khartoum le 11 juin en compagnie de mon adjoint Florian Mulot. Honnêtement, je dois dire que je suis plutôt agréablement surpris. Les grands clubs ont de bonnes structures même si beaucoup reste à faire.

Le Hilal a plutôt bonne réputation…                                                                                                          Du point de vue sportif, c’est très intéressant. Tout était en place à mon arrivée. J’ai même retrouvé dans l’effectif le Tanzanien Thomas Ulimwengu, que j’ai dirigé au TP Mazembe !

Quel objectif vous a -t-on assigné ? Le championnat, la Coupe d’Afrique                                           Vous allez sourire : le président, à mon arrivée, m’a dit ceci : « on joue le Merreikh (grand rival national) lors de la 2e journée des play offs. je préfère battre le Merreikh que gagner la Ligue des champions !  » Nos supporters sont obnubilés par ce choc, c’est pire qu’un Real-Barça ! Pourtant, j’ai l’expérience de derbys tou classicos très chauds au COngo.

Avez-vous éprouvé des difficultés depuis votre prise de fonction ?                                                     Sur le plan linguistique. J’ai quelques joueurs qui parlent anglais, sinon tous sotn arabophones. Donc je m’appuie sur un Tunisien, que j’ai trouvé sur place. Avec lui, on fait du simultané ! Après, parmi les dirigeants, j’ai retrouvé un grand ancien du football soudanais, Ali Gagarine, qui est parfaitement francophone et qui a été diplomate basé en France à une époque.

Vous êtes arrivé à Khartoum juste avant le début de la deuxième phase du championnat 2018, qui se joue cette saison avec des play offs, après une première phase où les formations étaient réparties dans deux poules. Pas trop compliqué de s’adapter au calendrier ?                                   Je dois dire que ce n’est pas évident. Entre le championnat, la Coupe d’Afrique, on joue tous les deux-trois jours ou presque ! Nous recevons UD SOngo (Mozambique) pour le compte de la 3e journée de la Coupe de la COnfédération mercredi soir à 21h. Le calendrier est très hétérogène.

La C2 africaine reste un objectif…                                                                                                        Nous allons tout faire pour réaliser le meilleur parcours possible (Hilal occupe la 3e place de son groupe dominé par la RS Berkane avec un point en deux journées, un nul et une défaite, NB). Cela passe par une victoire contre Songo qui a notamment battu le TP Mazembe en phase préliminaire de la LDC (3-0). je sais que pour franchir le cap des poules, il faut 10 points au moins. Ce qui signifie qu’on devra gagner trois de nos quatre matches.

Avant ce match continental, vous deviez affronter samedi El-Merreikh dans le cadre  du championnat. Mais le match a été remis. Que s’est-il passé ?                                                 Effectivement, on s’était bien préparés pour cette échéance. On avait gagné notre 1er match des play offs, Merreikh avait perdu de son côté. Et puis, on nous a expliqué que le match était remis pour des raisons de sécurité. Vous savez, les relations entre le ministère de tutelle et la Fédération ne sont pas des meilleures, non plus…

Cela favorise un peu Merreikh, finalement…                                                                                           On sait que l’équipe et les joueurs ne sont pas au mieux, on entend parler de retards de salaires, etc. Reste qu’on ne nous a pas encore donné de nouvelle date à laquelle sera reprogrammé ce sommet.

Vous avez vous-même commencé par un déplacement difficile…                                                          C’est vrai. En arrivant, on a dû honorer un match de coupe nationale à l’intérieur du pays. On a fait sept heures de bus, on est arrivés fatigués et on a perdu 1-0. J’essayais des joueurs à cette occasion. Le club a recruté deux Nigérians, dont un qui évoluait à Malte, c’était les occasions de les voir à l’oeuvre. J’ai été servi…

A quel obstacle vous heurtez-vous, sur le plan de l’effectif ?`                                                              On est obligé de jongler avec les listes de joueurs d’une compétition à l’autre. C’est un vrai casse-tête. Certains sont qualifiés en championnat, d’autres uniquement en coupe d’Afrique. On a un Brésilien mais ce n’est pas Neymar ! »

Propos recueillis par @Samir Farasha