Rideau sur la saison 2014-2015. Sans doute la plus longue et la plus perturbée de l’histoire moderne du football égyptien en raison des problèmes de sécurité sur lesquelles on ne va pas s’étendre. Mais ce que l’on veut retenir, c’est cette bataille féroce qui a opposé les deux géants du Caire et qui a tourné clairement en faveur du Zamalek. La victoire d’Al Ahly jeudi soir à Al Ain en finale de la Super Coupe n’est qu’un cache-misère pour le club du président  Mahmoud Taher car les Chevaliers Blancs ont raflé l’essentiel en remportant le championnat de Premier League et la Coupe d’Egypte. Histoire de l’affrontement en quatre épisodes.

 Episode un : Championnat de Premier League

Profitant d”un démarrage poussif des Red Devils aggravé par l’accumulation de matches reportés, le Zamalek prend très vite une grosse avance – jusqu’à douze points aux deux tiers de la saison – et contrant son adversaire séculaire à entamer une course à handicaps usante et quasi veine. Qui lui côute trois entraîneurs en quelques mois. Après avoir viré le Portugais Garrido accusé de ne pas savoir gérer les stars du club à l’image de l’inoxydable Emed Meteb, ils confient les rênes de la grosse locomotive cairote à un enfant de la maison, le dépanneur en chef Fathi Mabrouk. Ce dernier arrive à remettre de l’essence dans le moteur au point que tout les observateurs ont failli à assister à un miracle puisque les Red Devils on réussi à revenir à deux ou trois encablures d’un Zamalek dirigé par la main de fer d’un autre coach Portugais, Jesualdo Ferreira. Mais la révolte s’est avérée tardive et le Zamalek est sacré logiquement et justement champion d’Egypte. Cela faisait huit ans que les Zamelkaouis attendaient de briser la domination de l’ennemi juré.

Zamalek 1 Al Ahly 0.

 Episode deux : la Coupe d’Egypte

Al Ahly avait fait de la Coupe d’Egypte un objectif de compensation. Grâce à un tableau de marche plutôt favorable, les coéquipiers d’Emad Meteb finissent par retrouver le Zamalek en finale. Promis, juré, ils vont empêcher leur adversaire de réaliser ledoublé. Patatras! Al Ahly se loupe dans les grandes largeurs En effet, il a fallu à peine plus d’une demie heure pour que le Zamalek prenne la mesure de son ennemi juré (2-0) et remporte son troisième trophée consécutif. L’attaquant Bassem Morsi a été l’homme du match en inscrivant un doublé (11’,34’). Avec  un peu plus de réussite, il aurait pu en concrétiser un ou deux autres. Les Chevaliers Blancs n’ont pas vraiment été inquiétés par les Red Devils, même lorsqu’ils ont laissé la possession du ballon à leurs adversaires.  Cette saison, le Zamalek , déjà champion, n’a laissé aucune miette à son plus vieux rival cairote. Largement dominé et battu par le Zamalek son éternel rival, Al Ahly, encore sonné, a mis la contreperformance sur le dos de la malchance et de certaines absences. C’est en tout l’explication majeure de son entraîneur: « Je suis triste de perdre la Coupe d’Egypte, avait confié Fathi Mabrouk au lendemain de la défaite, nous avons commis beaucoup d’erreurs défensives en raison de l’absence de joueurs expérimentés comme Hossam Ghaly et Walid Soliman et nous avons été malchanceux devant le but ». Les fans n’ont pas apprécié des explications  jugées « vaseuses ».

Al Ahly a tout perdu, y compris la coupe de la Confédération

Al Ahly a tout perdu, y compris la coupe de la Confédération

Zamalek 2 Al Ahly 0

Episode 3: la Coupe de la Confédération

L’essentiel de la compétition nationale bouclé, les deux clubs s’attaquent au gros morceau qu’est la Coupe de la Confédération africaine. Cele tombe bien, Al Ahly en est le détenteur. Il se fait un DEVOIR de la conserver; Ce qui signifie empêcher le Zamalek de la gagner. Tout se passe comme dans un rêve. Après les quarts de finale, le sort fait que les deux protagonistes n’ont pas à s’affronter en demi-finales et possèdent une occasion formidable de régler leur compte dans une finale cent pour cent égyptienne. Hélas, les deux équipes perdent leur pari. Le pourtant solide Zamalek s’effondre à Sousse devant l’ES Sahel (1-5) et passe à côté d’un exploit mémorable au retour en ne gagnant que… par 3 à 0. De son côté, Al Ahly, que ses adversaires sud-africains d’Orlando Pirates n’ont eu de cesse de le comparer défavorablement au Zamalek dont ils avaient croisé la route dans la phase de goupes, rate lamentablement la marche. En s’inclinant à Johannesburg (0-1) puis au Caire sur un score incroyable (3-4). Cette bérezina met les deux clubs à égalité. Le football égyptien étant le grand perdant.

Zamalek 3 Al Ahly 1

Episode 4 : Super Coupe d’Egypte

Pour Al Ahly, il a fallu attendu ce match de prestige disputé à Al Ain  aux Emirats arabes unis sur terrain neutre mais devant un public composé essentiellement de membres de la diaspora égyptienne pour enfin terrasser la bande à Jesualdo Ferreira. Un match ouvert, riche en rebondissements, dont trois penalties. Le Zamalek ne réussit pas le grand chelem et Al Ahly sauve l’honneur.

Zamalek 3 Al Ahly 2.

 Conclusion

Le Zamalek a retrouvé le sommet du football égyptien après huit années de disette. Mais il sait qu’il doit  confirmer et montrer  qu’il est là pour régner. Car les supporters et les dirigeants d’Al Ahly sont convaincus que le scénario de cette saison n’est qu’une simple parenthèse et que leur club préféré va reprendre le pouvoir. Comme les deux géants se sont sérieusement renforcés durant le mercato et qu’Al Ahly a changé d’entraîneur pour la troisième fois mettant en face du Portugais Jesualdo Ferreira   le Lusitanien José Peseiro, on doit s’attendre à une nouvelle bataille de gladiateurs. A peine perturbée par les escarmouches de quelques faire-valoirs. Il n’y aura plus qu’à espérer le retour des fans dans le stade pour que le football redevienne une fête sur les bords du Nil.

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