On pouvait logiquement s’y attendre : le Camerounais Issa Hayatou n’avait pas dit un seul mot en public depuis qu’il a perdu  a échoué à se faire réélire à la  tête de la Confédération africaine de football (CAF) après 29 ans de règne sans partage. Mais la dernière sortie de son remplaçant Ahmad Ahmad à Ouagadougou sur l’impossibilité pour le Cameroun d’assumer l’organisation de la CAN 2019 ( voir ) l’a semble-t-il hérissé et contraint de sortir de sa réserve. Pour s’étonner des propos du Malgache sans jamais citer son nom : « Depuis que je suis parti de la CAF, je me suis gardé d’émettre un avis en direction de la Confédération africaine de football. Je n’ai jamais ouvert ma bouche pour parler de ça, a-t-il confié à la chaîne nationale CRTV alors qu’il sortait d’un rendez-vous avec le ministre de la Jeunesse et des Sports,  mais je regrette ce qui a été dit. Il faut d’abord venir constater avant de sortir ce qu’il a sorti. »

Stade de Limbé II livré en 2014

Stade de Limbé II livré en 2014

 » Le Cameroun est en avance  » (Hayatou)

Et de faire sa démonstration que son pays a les moyens de son ambition   » A l’heure actuelle, le Cameroun a déjà cinq stades. On ne parle pas de ceux que nous sommes en train de construire. On peut organiser cette CAN 2019 avec ces cinq stades ils sont là, physiques. Nous avons trois stades ultra neufs et deux à réfectionner dont ceux de la Réunification de Douala et de Garoua. Les autres, que ce soit Limbe, Bafoussam ou le stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, ce sont des stades neufs. Personne ne peut dire que le Cameroun n’a rien. Ce n’est pas possible. On peut compter combien de pays en Afrique qui possèdent de telles infrastructures ? Nous sommes en avance. »  Que va-t-il se passer maintenant que l’ancien patron du football continental est entré dans le débat pour ne pas dire dans la polémique. Y aura-t-il une réplique du nouvel homme fort de la CAF où ce dernier laissera-t-il le cabinet d’audit désigné pour l’inspection prévue à partir du 20 août parler pour lui ?

Mais avant ce rendez-vous crucial, notamment pour l’avenir des relations entre le Cameroun et la CAF, le président de la république camerounaise est entré himself dans l’arène en  déclarant comme pour clore le débat:  » Le Cameroun  sera prêt au jour « J », promis Paul Biya, j’en prends l’engagement ». Ce qui a fait écrire au site internet le mieux informé du pays « camfoot.com, cette réplique un tantinet ironique et sceptique  : Après la réponse de ses anges, « dieu » lui-même vient donc de trancher. « La CAN c’est demain », précise le Chef de l’Etat, conscient qu’à 22 mois du coup d’envoi, son pays est encore à la traîne. Maintenant, il ne s’agit pas seulement de célébrer le premier sportif camerounais mais surtout de passer des discours aux actes… De peur de se couvrir de honte ». A suivre.

@Cheikh Mabele